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Au Royaume-Uni, un budget axé sur la relance mais des hausses d’impôt à l’horizon

Rishi Sunak
Photo AFP Rishi Sunak

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Le Chancelier de l’Echiquier Rishi Sunak va présenter mercredi le premier budget du Royaume-Uni depuis la sortie du marché unique européen, avec pour priorités la relance après la pandémie et l’amorce d’un redressement des finances publiques.

Le Royaume-Uni, pays européen au pire bilan sanitaire avec quelque 122 000 décès attribués au virus, est aussi le pays développé ayant subi le pire choc économique avec un PIB qui a dégringolé de 9,9% l’an dernier.

À la suite de trois confinements, le taux de chômage est monté à 5,1% mais aurait flambé bien plus sans les aides massives à l’emploi: le gouvernement a pris en charge 80% des salaires à hauteur de 2 500 livres par mois depuis mars. Le ministre des Finances est appelé par nombre d’économistes ou de personnalités politiques à prolonger ces aides au-delà de leur échéance actuelle en avril, et il envisage de le faire jusqu’à l’été.

«À court terme, nous devons protéger l’économie (...) mais à terme nous devons nous assurer que les finances publiques sont sur une trajectoire soutenable», a déclaré M. Sunak sur Sky News dimanche, confirmant que le budget comprendrait de nouvelles mesures de soutien à l’économie après la pandémie.

Selon le Sunday Times, la suspension de la taxe sur les achats immobiliers pourrait être prolongée jusqu’à l’été également.

Le très écouté centre de réflexion Institut for Fiscal Studies évoque l’option d’un maintien sélectif des aides pour des secteurs particulièrement touchés par la pandémie, comme la distribution, le tourisme, les transports, la restauration.

Relance à l’américaine?

Le confinement en cours en Angleterre, le troisième depuis un an, ne va être levé progressivement qu’à partir du 8 mars avec la réouverture des écoles. Il faudra toutefois attendre le 12 avril pour une réouverture des magasins et commerces jugés non essentiels, et juin pour une levée totale envisagée des restrictions.

Le Brexit a apporté une complication supplémentaire avec de grosses perturbations à la frontière dans les livraisons et exportations, entre déclarations administratives alourdies, taxes imprévues pour beaucoup d’entreprises, notamment dans les vêtements ou la pêche, qui mettent en danger certaines PME.

Outre le financement du chômage partiel, les financements gouvernementaux pour la création d’entreprises, pour des stages ou contrats d’apprentissage pour les jeunes, ou des prêts garantis, ont creusé le déficit à des profondeurs record.

Le gouvernement a emprunté plus de 270 milliards de livres depuis le début de l’année budgétaire en avril, un record depuis le début de ces statistiques en 1993.

La dette du secteur public a explosé de 316 milliards de livres sur la même période à 2.115 milliards, 98% du PIB et un niveau pas vu depuis 60 ans, d’après l’Office national ds statistiques.

Or, si «le gouvernement peut financer sa dette à bon prix actuellement» avec des taux d’intérêt quasi à zéro, ces taux pourraient remonter et la charge de la dette pourrait devenir insoutenable, relève l’Institute for fiscal Studies.

M. Sunak devrait à nouveau répéter que les finances publiques vont devoir être redressées même si la pression est forte pour ne pas le faire trop tôt et risquer de tuer dans l’oeuf la reprise.

Le leader de l’opposition le travailliste Keir Starmer a martelé la semaine dernière que «ce n’est pas le moment» pour les hausses d’impôts.

L’économie britannique devrait en effet se contracter à nouveau au premier trimestre à cause du confinement actuel, après avoir été quasi à l’arrêt au quatrième trimestre 2020.

D’après la presse britannique, M. Sunak devrait se contenter d’annoncer des hausses de taxes parcimonieuses pour l’instant, notamment un relèvement de la taxe sur les entreprises, actuellement à 19% et qui pourrait monter jusqu’à 25%.

La Commission parlementaire sur les entreprises relève par ailleurs des failles dans le soutien apporté par le gouvernement aux travailleurs indépendants, aux industries créatives et aux mères en congé maternité. «Les critères d’éligibilité du gouvernement ont provoqué des écarts alarmants dans les aides obtenues qui ont injustement touché certains travailleurs et entreprises», estime-t-elle.