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Carey Price a perdu ses privilèges

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Photo d'archives, Ben Pelosse Carey Price n’a pas été défié à Montréal depuis 2010.

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Chaque fois qu’un nouvel entraîneur arrive en poste, on peut parler d’une nouvelle époque, mais je crois que nous sommes aussi rendus à une nouvelle ère au chapitre des gardiens à Montréal. À mon avis, Carey Price a perdu ses privilèges. 

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Price n’a jamais eu véritablement à se battre pour son poste de numéro un à Montréal, mais c’est en train de changer. On lui a déroulé le tapis rouge dès ses débuts et lorsque Cristobal Huet a montré les dents, on l’a échangé. Ce fut la même chose avec Jaroslav Halak. 

Aujourd’hui, Jake Allen défie Price et il le surpasse. Allen n’est pas la solution à long terme, mais il mérite de jouer. Le moment est venu d’utiliser celui qui donne le plus de chances à l’équipe de gagner, comme ce fut le cas en 2010 avec Halak. Price n’a pas été défié en 11 ans. 

Je ne suis pas convaincu que Geoff Molson, Marc Bergevin et Stéphane Waite aient le courage d’asseoir Price sur le banc pendant quelques matchs. Au bout du compte, Dominique Ducharme décidera et j’espère qu’il choisira son gardien au mérite.  

Ça ne doit pas être facile pour un jeune entraîneur d’arriver dans la LNH et de conclure que c’est mieux de laisser Price au bout du banc. Il ne veut pas se le mettre à dos et en plus, il est si jeune qu’il doit être aussi un fan de Price. 

Ducharme est là pour gagner, mais il doit aussi relancer Price avec l’aide de Stéphane Waite, qui peut se trouver chanceux de ne pas avoir été remercié en même temps que Claude Julien et de Kirk Muller, car il a sa part de responsabilités. C’est Waite qui doit amener Price à son meilleur niveau. 

Je vais me répéter et je défends encore Price dans le sens où on lui a mis les bâtons dans les roues en début de saison après une excellente performance à Edmonton. Il fallait le retourner dans la mêlée et l’aider à profiter de ses belles sensations. Lui donner un repos après seulement deux matchs n’avait pas de sens. 

Repos forcé 

Il faut reposer un gardien numéro un lorsqu’il en a besoin, non pas pour le préserver pour les séries après seulement deux matchs parce qu’on a un « plan ». Price avait besoin de jouer, non pas de se reposer. Ça m’agace toujours d’entendre Waite et Bergevin dire que le nombre idéal de matchs dans une saison pour Price serait de 55 (dans une saison normale de 82 rencontres). 

On a voulu préserver Price et il est rendu au point où il a perdu sa confiance. Ça paraît dans son jeu et il avait l’air d’un homme ébranlé dans son point de presse d’après-match, jeudi dernier à Winnipeg. Son repos forcé ne l’a pas aidé. Maintenant, que le meilleur joue, peu importe son nom. Ça prend des victoires ! 

Bonne recette 

Chaque gardien est différent et je ne sais pas ce qu’il faut à Price pour qu’il soit bien dans sa tête, mais mon conseiller à Montréal, Roland Melanson, savait ce dont j’avais besoin quand les choses allaient mal. 

On travaillait des exercices spécifiques 35 minutes avant l’entraînement de l’équipe et 35 minutes après. Ça m’aidait. De plus, il me mettait en compétition avec l’autre gardien et on poursuivait un exercice jusqu’à ce que j’immobilise la rondelle ou qu’il y ait un but. 

Pour moi, c’était une bonne recette. Le talent et la technique, ce n’est pas un problème pour Price. Il doit surtout être plus compétitif et retrouver sa confiance. 

– Propos recueillis par Gilles Moffet

ENTRE FILETS  

Et de 400 pour Kane!

Patrick Kane a marqué son 400e but, dimanche. Quel joueur phénoménal ! À mon avis, il est l’un des trois joueurs les plus talentueux dans la LNH et je fus un des premiers à réaliser l’ampleur de son talent. À ses débuts, je jouais pour l’Avalanche et il m’avait déculotté en fusillade. D’ailleurs mon jackstrap est encore dans les hauteurs de l’aréna à Denver. Il était arrivé très lentement et j’ai tenu le coup sur ses trois premières feintes, mais il en avait une quatrième en réserve et probablement 20 autres. La rapidité de ses mains est hors pair. 

En Floride comme à Montréal 

La situation des gardiens chez les Panthers de la Floride ressemble étrangement à celle qui prévaut à Montréal. L’entraîneur des Panthers, Joel Quenneville a toutefois pris les grands moyens récemment. Il a donné cinq départs sur six à Chris Driedger, ignorant le double gagnant du trophée Vézina, Sergei Bobrovsky. Après une bonne performance de Bobrovsky jeudi, il lui a donné un second départ d’affilée. La différence à Montréal est que Jake Allen a plus d’expérience que Driedger, mais ce dernier joue aussi vraiment bien. 

Binnington hors de lui

On commence à connaître davantage Jordan Binnington à St. Louis. Il aime bien attirer l’attention et il n’a pas raté sa sortie après avoir subi le crochet dans son dernier match. Il voulait s’en prendre à tout le monde et a même joué du coude avec le gardien des Sharks, Devan Dubnyk. À 6 pi 6 po, Dubnyk n’a pas vraiment été intimidé par Binnington et il lui a conseillé de sortir de la patinoire. 

Galchenyuk en chute libre 

Je n’en reviens tout simplement pas de la chute d’Alex Galchenyuk, qui est rendu dans les ligues mineures et qui en est déjà à sa septième équipe dans la LNH. On voit parfois des beaux espoirs qui ne percent pas, mais j’ai rarement vu un marqueur de 30 buts tomber comme ça.