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Des capsules pour faire bouger les télé-étudiants

Le projet suggère des pauses actives durant les cours

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Faire bouger les étudiants lors de leurs cours à distance, c’est le défi que s’est donné un groupe de professionnels de la santé de Québec par le biais de courtes capsules vidéo.

Le groupe a mis sur pied un projet qui comporte pour le moment cinq capsules d’environ deux minutes chacune. Elles proposent trois courts exercices d’intensité modérée, à l’exception d’une qui explique comment bien ajuster son poste de travail.

L’idée a germé dans la tête de la cardiologue Isabelle Nault de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

«Lors d’un congrès l’automne dernier, je me suis dit que je n’allais pas passer la fin de semaine assise devant mon ordinateur à écouter des présentations sur internet. J’ai voulu faire mon entraînement en même temps avec des exercices modérés pour garder mon attention sur la présentation, mais sans avoir l’air d’une patate sur le sofa. Le congrès a passé vite, j’ai réussi à me concentrer, ça a bien fonctionné», se souvient-elle.

Capture d’écran courtoisie

Une solution

Le projet a finalement vu le jour après des discussions avec les gens du Pavillon de prévention des maladies cardiovasculaires (PPMC) de l’IUCPQ, notamment le kinésiologue Sébastien Cartier.

«Ce n’est pas un entraînement en soi et ça n’enlève pas la nécessité de faire 30 minutes d’exercice physique par jour, 60 pour les jeunes. Mais de plus en plus d’études démontrent que de rester longtemps immobile est mauvais», prévient M. Cartier.

Il précise que de rester assis pour une longue période peut limiter les bénéfices d’une activité physique. D’où l’idée d’utiliser l’écran qui conduit les étudiants à l’inactivité pour les faire bouger.

Capture d’écran courtoisie

Du secondaire 3 à l’université

Les capsules ont déjà été distribuées à des enseignants de l’université Laval. La distribution est actuellement en cours au réseau de sport étudiant de Québec-Chaudière-Appalaches, pour les jeunes des secondaires 3 à 5 qui sont reçoivent des cours à la maison une journée sur deux.

«On veut que les profs puissent l’intégrer dans leurs cours directement en faisant une pause lorsqu’il jugera que c’est approprié», ajoute M. Cartier.

«Les gens bougent moins depuis le début de la pandémie. Ils en souffrent au niveau moral, social et physique. On espère que ça pourra leur donner le goût de bouger une fois le cours terminé. Quand j’allais à l’université, je marchais une vingtaine de minutes pour m’y rendre. Beaucoup d’étudiants marchent moins maintenant que l’université est rendue dans leur salon», souligne la Dre Nault.

Elle mentionne aussi une étude australienne qui montre que comme partout les jeunes ont diminué leur niveau d’activité physique durant la pandémie.

«Malheureusement malgré le relâchement des mesures après le confinement initial, les jeunes n’ont pas repris leurs habitudes d’avant et ont persisté dans leur sédentarité. C’est ça aussi qu’on veut contrer», insiste-t-elle.

Développement

Un sondage sera proposé aux utilisateurs des capsules.

«On veut connaître la perception des professeurs et des étudiants pour nous aider à bonifier le programme. On veut étendre, améliorer et bonifier l’offre. Le concept peut s’appliquer aussi aux gens en télétravail, qui suivent des formations en ligne, qui assistent à des événements ou à des entreprises. Même si les vaccins s’en viennent, il y a une partie des choses que l’on fait en ligne qui va rester», conclut la Dre Nault.

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