/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Drôle d’avenir pour le Canada

Coup d'oeil sur cet article

Dimanche à TVA, les jeunes de Star Académie ont célébré le Mois de l’histoire des Noirs par le numéro le plus endiablé de la soirée.

Pendant ce temps, au gala des Golden Globes, piteux et mal à l’aise, le président Ali Sar suppliait les journalistes noirs de rejoindre les rangs de l’Association de la presse étrangère de Hollywood. Elle ne compte aucun Noir dans ses rangs depuis 20 ans.

À Tout le monde en parle, faute de Noir, c’est Benoît Charette, nouveau ministre responsable de la lutte contre le racisme, qu’on avait invité. Encore une fois, on y a débattu de racisme systémique en restant une patte en l’air.

La mort tragique de George Floyd, survenue en mai 2020, a donné au mouvement Black Lives Matter (Les vies noires comptent) un élan que huit ans de manifestations et de luttes n’avaient pas réussi à déclencher. Jusque-là, février, que le Sénat canadien a proclamé en 2008 « Mois de l’histoire des Noirs », passait presque inaperçu. Sauf à Postes Canada, qui émettait chaque année des timbres restant confidentiels, les courriels n’en ayant pas besoin !

LES NOIRS S’ORGANISENT

Comme par enchantement, depuis l’affaire George Floyd, réseaux de télé et agences de pub ont trouvé quantité d’animateurs et de comédiens noirs. Nos chaînes ont mis à l’horaire des tas de documentaires et de reportages réalisés par des Noirs ou relatant les conditions de vie et l’histoire de leurs communautés.

Peu enclins à faire confiance à la majorité blanche, les Noirs ont pris en mains leur propre destinée. Ils sont particulièrement militants dans le monde du cinéma et de la télévision. 

En octobre dernier, BIPOC (Black, Indigenous and People of Color), un organisme créé il y a quelques années par l’artiste torontoise Nathalie Younglai, a lancé un site web où sont inscrits plus de 3000 artistes et artisans noirs. Ce bottin électronique a déjà fait connaître aux chaînes de télé et aux producteurs des dizaines d’artistes et d’artisans dont ils ignoraient ou feignaient d’ignorer l’existence.

En décembre, deux jeunes acteurs noirs de Toronto, Shamier Anderson (James de son vrai nom de famille), qui joue le shérif dans la série Wynonna Earp, et son frère Stephan James (Walter Cruz dans la série Homecoming) ont lancé The Black Academy. Elle se veut la version « noire » de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision. La Black Academy projette de mettre en ondes, en 2022, un gala qui concurrencera ceux des prix Gémeaux et des prix Écrans. 

LES NOIRS FRANCOPHONES

Avec Sheldon James, leur frère, les deux acteurs ont aussi créé le fonds Bay Mills Diversity, un OBNL déjà doté de 15 millions de dollars. L’objectif est de réunir 100 millions $ que le fonds investirait dans des entreprises de démarrage (start-up), à condition qu’elles soient lancées par des Noirs.

Des Noirs anglophones sont responsables de toutes ces initiatives. Jusqu’à maintenant, ils ne semblent pas faire grand effort pour enrôler les Noirs francophones dans leurs organismes parallèles. Ces derniers en arriveront sans doute à créer leurs propres organismes. Comme le font aussi les Premières Nations depuis quelques années.  

S’ils continuent de se développer, ces séparatismes nous préparent un bien drôle d’avenir.