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Le RRQ bien moins performant que le RPC

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Si la gestion du portefeuille du Régime de rentes du Québec (RRQ) avait été confiée à l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada au lieu de la Caisse de dépôt et placement du Québec, il aurait bénéficié au cours des dix dernières années d’un rendement nettement supérieur.

Un rendement qui aurait permis au RRQ de s’enrichir d’une douzaine de milliards de dollars de plus en 10 ans. Je dis bien 12 000 000 000 de dollars de plus !

En date du 31 décembre 2020, le portefeuille du RRQ que la Caisse gère a rapporté un rendement annualisé de 9,3 % sur la période de 10 ans allant de 2011 à 2020.

Pendant ces mêmes 10 années, l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada a permis au portefeuille du RPC (le pendant fédéral du RRQ) de bénéficier d’un rendement annualisé de 10,8 %.

Ce qui procure au RPC un écart de rendement annualisé additionnel de 1,5 point de pourcentage sur 10 ans par rapport à la performance obtenue par le RRQ avec la Caisse. C’est énorme comme écart de performance.

La performance supérieure des gestionnaires de portefeuille de l’Office du RPC sur les gestionnaires de notre méga Caisse ne date pas d’hier. Depuis nombre d’années, l’équipe de gestionnaires de la Caisse se fait régulièrement dépasser par celle de l’Office du RPC.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

La « prime » Québec

La performance supérieure de l’Office sur la Caisse est telle que le RRQ n’aurait sans doute pas eu besoin de nous facturer une surprime de cotisation pour répondre à ses obligations actuarielles.

À l’heure actuelle, les travailleurs et employeurs québécois doivent verser une cotisation de 11,8 % sur les gains admissibles au RRQ, comparée à 10,9 % pour les travailleurs et employeurs des autres provinces qui cotisent au RPC. 

Collectivement, cette « prime Québec » représente en 2021 une surcharge de l’ordre de 1,4 milliard $ par rapport à ce qu’il nous coûterait si on relevait du RPC, lequel régime fédéral, faut-il le rappeler, procure aux retraités les mêmes prestations de retraite que le RRQ.

La cotisation maximale au RRQ s’élève cette année à 6855,80 $, soit 523 $ de plus que la cotisation maximale au RPC fédéral. Cette cotisation à la RRQ et au RPC est payable moitié-moitié employé et employeur, et à 100 % par le travailleur autonome.

C’est depuis 2012 que les Québécois sont assujettis à une « prime Québec ». Précédemment, travailleurs et employeurs québécois payaient bon an mal an la même cotisation que les Canadiens des autres provinces au RPC.

Les motifs évoqués par la direction du RRQ et le cabinet du ministre des Finances Éric Girard pour justifier la mise en place d’une « prime Québec » par rapport au Régime de pension du Canada sont les suivants : la population québécoise est en moyenne plus âgée que dans l’ensemble des autres provinces et les salaires assujettis au RRQ sont en moyenne moins élevés au Québec que dans les provinces cotisant au Régime de pension du Canada.

Quoi qu’il en soit, il n’en demeure pas moins que la sous-performance marquée du portefeuille du RRQ par rapport à celui du RPC s’avère préoccupante.