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Des citoyens dénoncent la «maltraitance» envers les poissons combattants

Plus de 22 000 citoyens ont signé une pétition exigeant d’améliorer les conditions de vie des Betta

François St-Louis
Photo Francis Pilon Le proprio de l’Aquarium du Nord, François St-Louis, s’est esclaffé en prenant connaissance de la pétition contre la « maltraitance » des poissons combattants.

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Une Montréalaise a récolté plus de 22 000 signatures à sa pétition contre la « maltraitance » que subiraient des poissons combattants dans les animaleries de la province.

« Ces poissons peuvent rester dans des bocaux d’à peine 200 ml durant des semaines à l’intérieur des animaleries. C’est une source de stress physique et psychologique pour eux », dénonce l’instigatrice de la pétition en ligne, Mikaela Siscov. 

François St-Louis
Courtoisie Mikaela Siscov

Selon cette vétérinaire de formation, l’impossibilité de nager librement dans ces contenants détériore la santé physique de cette espèce. Elle souligne aussi que le faible volume d’eau favorise l’accumulation rapide d’ammoniac dans l’environnement du poisson. 

Pris dans son ascenseur

« C’est comme si vous mettiez un humain enfermé dans un petit ascenseur durant des semaines. Je ne suis pas surprise qu’autant de personnes appuient ma pétition. Je comprends maintenant ne pas être la seule que ça dérange », affirme Mme Siscov.

Les signataires exigent des animaleries de présenter à l’avenir les poissons combattants dans des aquariums qui contiennent un minimum de deux litres d’eau avec un endroit où ils peuvent se cacher. 

Mardi après-midi, plus de 22 300 citoyens avaient apposé leur signature à la pétition. 

Le propriétaire de l’Aquarium du Nord à Montréal, François St-Louis, s’est esclaffé en prenant connaissance de la pétition. 

« Ces gens qui signent ne connaissent pas les conditions des poissons Betta dans les animaleries. Ils sont seulement en transit dans ces bocaux. Ils restent au maximum une semaine dedans et on les nettoie deux fois par semaine. C’est temporaire, comme les chiens à adopter dans une cage », certifie François St-Louis. 

Il affirme vendre près de 50 poissons combattants par semaine. Un roulement qui permet à cette espèce de quitter rapidement son petit bocal. 

« On n’aurait pas assez d’espace pour mettre plein d’aquariums de deux litres pour les Betta de toute façon », indique le propriétaire de l’animalerie. 

Appui de la SPCA

Contactée par Le Journal à ce sujet, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) mentionne qu’elle salue cette initiative. 

« La SPCA de Montréal croit que les mesures proposées dans la pétition sont un excellent pas dans la bonne direction pour améliorer le bien-être ainsi que les conditions de vie du poisson Betta », explique la porte-parole de l’organisme, Anita Kapuscinska. 

« On profite de l’occasion pour rappeler aux gens de résister à l’envie d’acheter dans les animaleries ou en ligne des animaux exotiques, incluant les poissons, afin de ne pas encourager ce commerce », ajoute-t-elle.