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Nicolas Sarkozy dénonce une «injustice profonde»

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L'ancien président français Nicolas Sarkozy dénonce «une injustice profonde» après sa condamnation à de la prison ferme et n'exclut pas d'aller devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour que «triomphent le droit et la justice», dans un entretien avec le Figaro mis en ligne mardi.

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«J'ai ressenti l'injustice profonde, choquante, des procédures lancées contre moi depuis dix ans», affirme-t-il au quotidien, en assurant avoir «conservé (sa) détermination pour que triomphent le droit et la justice, comme cela devrait se produire dans un État de droit».

«À chaque fois que ces règles sont bafouées, comme c'est le cas dans cette affaire, mon indignation et ma détermination sont décuplées», clame l'ancien chef de l'État, condamné lundi à trois ans de prison, dont un ferme pour «corruption et trafic d'influence» dans l'affaire dite des «écoutes», un jugement sans précédent en France.

«Je ne peux en effet accepter d'avoir été condamné pour ce que je n’ai pas fait», affirme M. Sarkozy, en dénonçant un jugement «truffé d'incohérences» et qui «ne fait pas état de preuves, mais d’un faisceau d’indices».

Évoquant «un combat de long terme», il rappelle avoir fait appel du jugement. Mais «peut-être faudra-t-il que ce combat s'achève devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH)».

«Ce serait pour moi une souffrance que d'avoir à faire condamner mon propre pays, mais j'y suis prêt, car ce serait le prix de la démocratie», ajoute-t-il.

Retiré de la politique depuis 2016, mais toujours très populaire et très écouté à droite, un an avant le prochain scrutin présidentiel, Nicolas Sarkozy est sous forte pression judiciaire. Il est mis en cause dans plusieurs dossiers, dont celui des soupçons de financement libyen de sa campagne victorieuse de 2007. 

C'est dans le cadre de cette dernière affaire qu'il avait été placé sur écoute en 2013. Les juges ont alors découvert qu'il utilisait une ligne téléphonique secrète, ouverte sous l'alias de «Paul Bismuth», pour communiquer avec son avocat Thierry Herzog. 

Les juges ont estimé que l'ex-président s'était rendu coupable de corruption, en promettant d'appuyer la candidature d'un haut-magistrat, Gilbert Azibert, pour un poste de prestige à Monaco, en échange d'informations privilégiées, voire d'une influence sur un pourvoi en cassation qu'il a formé. 

L'ancien locataire de l'Élysée voulait alors faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels après avoir obtenu un non-lieu dans un autre dossier, l'affaire Bettencourt. Gilbert Azibert, avocat général dans une chambre civile, n'intervenait pas directement dans ce dossier, mais il a selon le tribunal joué de ses relations.

Lors du procès, la défense s'était insurgée contre un dossier basé sur des «fantasmes» et des «hypothèses», faisant valoir que Nicolas Sarkozy n'a pas eu gain de cause devant la haute juridiction et que Gilbert Azibert n'a jamais eu de poste à Monaco.