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Remblai avec de la terre contaminée : un entrepreneur de Kanesatake nie sa responsabilité

Remblai avec de la terre contaminée : un entrepreneur de Kanesatake nie sa responsabilité
Stéphane Sinclair / AGENCE QMI

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Un entrepreneur veut contester une amende du ministère de l’Environnement parce qu’il s’estime victime d’un autre entrepreneur qui lui aurait fait livrer de la terre contaminée à son insu pour ses travaux de remblai sur les rives du lac des Deux-Montagnes, dans les Laurentides. 

« Nous allons contester l’amende de 5000 $ et toutes les autres mesures que prendra Québec contre-nous. On ne voulait pas de terre contaminée. On s’est fait avoir », dénonce Jean Sears-Pépin, propriétaire de la compagnie Distribution Top Layer, visée par l’amende.

Top Layer a réalisé des travaux de remblai sur le site du Centre de pêche chez Robert, à Kanesatake, avec des matériaux obtenus par l’intermédiaire d’une autre entreprise.

M. Sears-Pépin ne conteste pas les conclusions de Québec au sujet de la contamination de la terre qui lui a été livrée en 2020 pour relever le terrain du Centre de pêche chez Robert – qui appartient à sa conjointe et dont il assure lui-même les opérations.

Il compte faire décontaminer le terrain, mais il estime qu’il n’a pas à payer pour les erreurs ou les malversations des autres.

Remblai avec de la terre contaminée : un entrepreneur de Kanesatake nie sa responsabilité
Stéphane Sinclair / AGENCE QMI

Inondé au printemps 2019

Le Centre de pêche chez Robert a été sérieusement inondé au printemps 2019 et, pour remédier à la situation, Jean Sears-Pépin a décidé d’en rehausser le terrain pour éviter d’être à nouveau victime d’une autre crue saisonnière.

Il a fait appel à un intermédiaire spécialisé dans le domaine de la recherche et la gestion de dépôt de terre pour obtenir de la terre et des roches. Cette compagnie avait le mandat de trouver des fournisseurs et de faire livrer le tout par des transporteurs indépendants. « J’avais confiance en eux », dit-il.

En septembre dernier, après plusieurs livraisons, M. Sears-Pépin a remarqué une odeur d’essence, là où se faisait le remblai. Il affirme en avoir parlé avec les dirigeants de l’entreprise en question qui lui auraient assuré que la terre et la roche n’étaient pas contaminées.

Entre-temps, le ministère de l'Environnement a reçu une plainte pour des travaux de remblayage illégaux au Centre de pêche. Des inspecteurs ont suivi les camions et se sont rendu compte que ceux-ci s’approvisionnaient sur le site d’un ancien commerce d’alimentation et d’une station-service qui étaient en démolition dans l’est de Montréal.

Terre contaminée

Des tests ont été réalisés et ont permis de déceler des traces de contaminants divers sur la rive du lac.

Un avis de non-conformité et une amende de 5000 $ ont été remis à Top Layer, l’entreprise de M. Sears-Pépin.

« Je ne pouvais pas savoir que la terre était contaminée. Je l’aurais refusée. Notre commerce [le centre de pêche] repose sur l’environnement et les poissons. On ne veut pas se tirer dans le pied », explique l’entrepreneur.

Ce dernier va contester l’amende et estime que la responsabilité incombe à l’intermédiaire duquel il avait requis des services. « Ce sont eux qui ont agi en intermédiaire et qui ont recruté ceux qui nous ont fournis le remblai. Ils sont responsables », lance Jean Sears-Pépin.

Au moment d’écrire ces lignes, l’entreprise dénoncée par M. Sears-Pépin ne comptait pas commenter puisque le dossier devrait se retrouver devant les tribunaux.