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Une plateforme de «liberté totale» lancée par Michel Courtemanche

L’humoriste Michel Courtemanche lance sa propre plateforme de contenu

Dominic Paquet, Michel Courtemanche, Guy Jodoin et France Parent
Photo courtoisie Michel Courtemanche a coécrit et réalisé la série Les 4 sur table, dans laquelle il joue avec Guy Jodoin, Dominic Paquet et France Parent. Il a filmé les cinq épisodes avec son téléphone cellulaire.

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Tanné de « travailler dans le vide » pendant des années avant de voir un projet télé être soit refusé, soit accepté, mais avec trop de demandes de modifications des diffuseurs, Michel Courtemanche lance cette semaine com@tv, une plateforme payante de contenu humoristique où il écrit, monte et réalise des miniséries dans la « liberté la plus totale ».

Les quatre premières miniséries originales, qui comportent de trois à cinq épisodes de cinq minutes chacun, viennent tout juste d’être mises en ligne. On y retrouve, entre autres, Les 4 sur table, où il joue avec Dominic Paquet, Guy Jodoin et France Parent, ainsi que Votre carte s’il vous plaît, avec Cathleen Rouleau.

Courtemanche présente aussi le fruit de Névrosé, une série qu’il a écrite et qui traite de trouble anxieux et de bipolarité, « de façon weird et cocasse, décrit-il. Il y a beaucoup de moi là-dedans---. C’est très expérimental, mais je suis quand même fier. »

Au moment de l’entretien avec Le Journal, mardi, Michel Courtemanche était en plein montage de la série Bullshit, qui mettra en vedette Olivier Martineau. Par la suite, le contenu de com@tv, qui se prononce « comme à tv », se bonifiera de podcasts et de spectacles live. Il accepte également de diffuser des séries créées par d’autres humoristes. 

« Si tu as un iPhone, tu peux faire ta série au complet, en 4K, dit-il. On est rendu là. C’est la démocratisation de la technique qui m’a le plus encouragé à faire ça. » D’ailleurs, il a filmé Les 4 sur table avec son téléphone, sans éclairage. « Ç’a été très sportif, comme tournage », concède-t-il.

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L’argent aux artistes

Occupé à temps plein par ce projet depuis le mois d’avril, Michel Courtemanche--- fait équipe avec un partenaire d’affaires, Sylvain Desjardins. Ils ont élaboré un modèle d’affaires bien différent des autres plateformes. 

Ce qui est intéressant, c’est que les artistes reçoivent un pourcentage de chaque location de série. « Les gens qui participent sont payés en différé selon les montants de location. C’est un modèle de financement qui a plu à tout le monde », dit-il. 

« On ne peut plus rien dire »

Avec cette plateforme sur laquelle il compte même diffuser du contenu international, Michel Courtemanche, avait envie de créer sans devoir passer par les processus lourds de la télé traditionnelle. Il tournera bientôt la série Coupez, projet refusé par des diffuseurs après quatre ans de travail. 

« J’avais écrit deux saisons, dit-il. Ce qui est horrible, à la télé, c’est que c’est le même nombre d’années pour un succès que pour un flop. Tu travailles comme un fou, dans le vide. »

Avec tous les débats sur la liberté d’expression, Michel Courtemanche dénonce la frilosité des diffuseurs. « On ne peut plus parler de rien », laisse-t-il tomber, en évoquant au passage la saga Mike Ward, qui est devant la Cour suprême pour un numéro sur Jérémy Gabriel, qu’il confie avoir trouvé « très drôle ». 

« Je ne voudrais pas être à la place des jeunes humoristes aujourd’hui, ajoute-t-il. On ne peut plus parler de rien. À com@tv, si c’est bien fait, nous, on va le passer. Les gens qui se plaignent, il y a d’autres plateformes. Nous, on se fie au bon jugement des créateurs et on diffuse des choses actuelles. »


La programmation est accessible sur comatv.tv