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Assurer la vie de ses enfants, pas toujours une bonne idée

Stay home, protect your family. Quarantine area concept, vector illustration
Illustration Adobe Stock

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J’ai déjà traité la question ailleurs dans le passé, et je sais comment le sujet peut heurter certaines sensibilités : l’assurance vie pour enfant.

Il n’y a pas vraiment de logique à le faire, mais des parents insistent pour offrir ce genre de protection à leur progéniture. Si on assure de la tôle (son char), se disent-ils, alors il est tout naturel d’en faire autant avec un petit être en chair et en os. Lorsqu’il s’agit de sa marmaille, on n’en fait jamais trop, et les vendeurs savent jouer sur cette corde sensible. 

Rappelons tout de même deux ou trois éléments pour nous situer. En 2021, le risque d’un décès prématuré chez un enfant est infinitésimal. L’assurance vie ne protège pas de la mort et ne conjure pas les mauvais coups du destin. Elle ne console pas des parents endeuillés.

Perte de revenu

Elle sert platement à remplacer la perte d’un revenu après un décès.

« Quand des parents s’informent pour assurer leurs enfants en bas âge, on doit leur expliquer froidement que le décès d’un enfant représente plutôt la disparition d’une dépense », raconte Caroline Désy, conseillère en sécurité financière au cabinet Brassard Goulet Yargeau, de Québec. 

Convenons tout de même que des parents pourraient prendre un certain temps à retourner au travail après la perte d’un enfant, mais c’est ici le rôle de l’assurance invalidité de combler la perte de revenu, rappelle Caroline Désy. 

Bref, on ne parle pas d’un produit très pertinent.  

Vous avez dit assurabilité ? 

La plupart du temps, les parents qui succombent à l’achat d’une assurance vie pour leur enfant optent pour des produits dits « permanents ». Les primes sont élevées pour un capital-décès (l’argent versé au décès) relativement modeste.

Avec ce type d’assurance, il arrive un point où la police est entièrement payée, ce qui veut dire qu’il ne reste plus de primes à débourser tandis que la protection est maintenue jusqu’au décès de l’assuré.

À partir d’un certain âge, le jeune a souvent la possibilité de récupérer les primes de ses parents. D’ailleurs, cet aspect est systématiquement mis de l’avant au moment de la vente d’une police pour enfant. Cet argent aurait été mieux investi ailleurs, à commencer dans un REEE (Régime enregistré d’épargne-études).

Cependant, il existe des produits d’assurance vie pour les adultes qui offrent en option (un avenant) une couverture à prix modique pour les enfants. Ce ne sont pas des assurances permanentes, mais temporaires. La protection disparaît à la fin du contrat, d’où son côté abordable. 

Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, c’est loin d’être une priorité, mais son coût rend l’option plus acceptable. Elle offre en outre la possibilité à l’assuré, une fois adulte, de prendre le relais de ses parents et de renouveler sa protection sans devoir subir de tests médicaux.

Dans le jargon de l’industrie, on dit que cette option garantit à l’enfant son « assurabilité » future, c’est-à-dire la possibilité de souscrire de l’assurance vie malgré des antécédents médicaux qui pourraient lui être défavorables. Comptez sur le vendeur pour pousser cet argument, et à moins de traîner un historique familial émaillé de maladies génétiques, « l’assurabilité » de votre enfant de trois ans devrait moins vous préoccuper que son éducation postsecondaire.

Avant d’assurer la vie de votre enfant

Sur l’échelle des besoins financiers, l’assurance vie des enfants se situe tout en bas !  

  • Avant, on maximisera le REEE de l’enfant, ce qui coûte 2500 $ par année. 
  • Avant, on remplira son CELI.
  • Avant, on comblera son REER. 
  • Avant, on achètera pour soi une bonne couverture d’assurance vie.
  • Avant, on s’offrira une assurance invalidité digne de ce nom. 
  • Après ça ? On peut encore s’en passer.