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L’assassinat des deux femmes était empreint de rage

Tuer à coups de hache démontre un grand acharnement, estiment des experts

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Tuer son ex et son ancienne belle-mère à coups de hache témoigne d’une rage intense chez le suspect et d’un acharnement que l’on voit trop souvent lors de féminicides, croient des experts.

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«La scène qui a été décrite démontre une explosion de colère, un défoulement», expose le psychiatre Gilles Chamberland, de l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel. 

Myriam Dallaire, 28 ans, et sa mère, Sylvie Bisson, 60 ans, ont été assassinées à coups de hache, lundi soir, dans leur résidence de Sainte-Sophie, dans les Laurentides.

Le suspect dans cette affaire, identifié comme étant Benjamin Soudin, était jusqu’à tout récemment en couple avec Myriam Dallaire. Ils étaient les parents d’un bambin. La jeune femme venait de rompre, ont confirmé des proches au Journal.

«Elle voulait tellement des enfants et fonder une grande famille. Et là, son unique fils se retrouve seul, sans mère», s’attriste une cousine de la victime, Arianne Bisson.

Le suspect du double meurtre, âgé de 33 ans, a par ailleurs déjà été condamné pour des actes de violence, entre autres pour voies de fait contre une autre ex-conjointe.     

  • Écoutez l'entrevue de Geneviève Pettersen avec Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine, sur QUB radio:    

Drapeaux rouges

Une séparation récente et des antécédents de violence: ce sont deux drapeaux rouges donnant à penser qu’il était une «bombe à retardement», indique Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.

«C’était comme une chronique d’une mort annoncée. On voit beaucoup d’homicides [dans un contexte conjugal] où le conjoint avait déjà des antécédents en matière de violence», insiste-t-elle.

Selon elle, ce double féminicide témoigne d’un acharnement, «comme on le voit souvent» dans des meurtres où la violence conjugale est au cœur du drame.

«Ce qui est important, pour un conjoint violent, c’est de maintenir une emprise. Il se dit: si elle n’est pas avec moi, elle ne sera avec personne. Ce n’était pas une perte de contrôle de sa part, c’était plutôt une prise de contrôle», ajoute Mme Monastesse.    

  • Écoutez la DG de l'organisme «Entraide pour hommes», Geneviève Landry, avec Benoît Dutrizac, sur QUB radio:   

«Ces gens-là en viennent à penser à mourir et se disent: ce n’est pas vrai que c’est moi qui vais payer et qu’elle va s’en sortir», renchérit le psychiatre Chamberland.

Après le massacre, Benjamin Soudin aurait fui en voiture, puis aurait tenté de s’enlever la vie en causant un face-à-face quelques kilomètres plus loin.

Gravement blessé, il se trouve toujours à l’hôpital, mais on ne craint pas pour sa vie.

Il sera rencontré par les enquêteurs dès que son état de santé le permettra.

Aimer à mourir

Une amie de Soudin, avec qui il a parlé récemment de sa séparation, a raconté qu’il était triste, mais qu’il ne semblait pas en détresse.

«Je suis sous le choc et traumatisée. J’ai pris de ses nouvelles il y a quelques jours et jamais il n’a prononcé de menaces contre son ex. Je ne comprends pas ce geste», dit Andréa Jacques, ajoutant que le suspect lui avait confié aimer son ancienne copine «à en mourir».

Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 ou consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr.