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Les syndicats de la construction insatisfaits de la réforme Boulet

Quebec
Photo d'archives Jean Boulet, Ministre du Travail

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Les syndicats de la construction partent en guerre contre la réforme du ministre du Travail Jean Boulet, qui risque de nuire, selon eux, à la rétention des employés, a appris Le Journal.

« Les compagnons qui entrent de façon ponctuelle dans l’industrie de la construction ne restent pas dans l’industrie », ont dénoncé à l’unisson les cinq organisations syndicales dans une lettre envoyée au ministre à la mi-février, dont Le Journal a obtenu copie.

Dans une rare sortie publique commune, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), la CSD Construction, la CSN-Construction, la FTQ Construction et le Syndicat québécois de la construction tirent à boulets rouges sur la Commission de la construction du Québec (CCQ).

La question des apprentis

En gros, les syndicats comprennent mal pourquoi la CCQ propose d’ouvrir les bassins des apprentis pour leur laisser faire du travail normalement exécuté par ce que l’on appelle « les titres occupationnels ». 

Selon eux, ce geste pourrait mettre en péril la « paix industrielle » et même faire fuir des travailleurs plutôt que de les encourager à rester dans le secteur.

« Si nous prenons pour exemple l’année 2019 qui a vu entrer 17 377 salariés actifs pour la première fois dans l’industrie de la construction, nous savons que 45 % des compagnons, qui ont fait une première apparition cette année, auront quitté la construction dans cinq ans », soulignent-ils.

Rareté non démontrée

Selon les syndicats, la CCQ n’a jamais vraiment démontré l’existence d’une « rareté de la main-d’œuvre » et le véritable problème est la rétention des employés dans ce secteur.

Hier, en entrevue au Journal, le ministre du Travail, Jean Boulet, a reconnu que certains allégements réglementaires ne font pas l’unanimité.

Au Journal, le ministre a souligné qu’il pourrait y avoir encore certains irritants. « Il y a peut-être un ou deux allégements réglementaires qui sont un peu plus discutés par les parties », a-t-il conclu.