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L’Origine de mes espèces: détour à la télé pour Michel Rivard

L’Origine de mes espèces: détour à la télé pour Michel Rivard
Photo Courtoisie, Productions Déferlantes

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Michel Rivard trimballe depuis avril 2019 le projet le plus personnel de sa carrière, la pièce autofictive L’Origine de mes espèces, loin d’être reléguée aux oubliettes malgré la pandémie. Le voilà qui fait un détour par la télévision avec son bonheur scénique, avant de reprendre la route des salles.

L’auteur-compositeur-interprète et comédien tient à le souligner: la présentation au petit écran de L’Origine de mes espèces ne compromet absolument pas la tournée du même nom, qu’il lui tarde de redémarrer pleinement, «dès que les zones vont pâlir», affirme-t-il.

Et la version de L’Origine... enregistrée au Théâtre Outremont, que diffusera Télé-Québec vendredi, n’est pas non plus le spectacle en entier, mais plutôt un collage d’extraits de 50 minutes qui rendra quand même justice au produit original, qui en durait 100.

«C’était important pour moi qu’on puisse voir la texture du spectacle et des chansons, mais c’est un objet télévisuel en parallèle», image Michel Rivard en entrevue.

L’Origine de mes espèces: détour à la télé pour Michel Rivard
Photo Courtoisie, Productions Déferlantes

Secret familial

Superposition de jeu, de chansons (originales), de poésie, de tranches de vie, à la fois récit, introspection, réflexion et quête d’identité, L’Origine de mes espèces captive, fait rire et surprend. La trame est fondée sur un grand secret familial qui a façonné l’ADN des Rivard – que Michel, comme fils, a forcément dû remettre en question – et qui constitue la grande révélation de l’œuvre. En solo et en monologue, l’artiste va avec cette création là où on ne l’attendait pas, à la fois vulnérable et solide.

«Après la mort de ma mère, dans mon écriture, j’avais commencé à toucher à des sujets que je n’aurais pas osé toucher de son vivant, pour ne pas la ramener dans ses années de jeunesse et dans sa relation parfois difficile avec mon père. Là, mes deux parents étaient décédés, et j’ai eu le goût d’aller plonger là, d’explorer ce côté plus à l’ombre de ma vie, que je n’avais jamais vraiment raconté», dépeint Michel Rivard, qui, à la mi-soixantaine (il a aujourd’hui 69 ans) se sentait prêt à empoigner de front ces tranches du passé.

L’Origine de mes espèces: détour à la télé pour Michel Rivard
Photo Courtoisie, Productions Déferlantes

Nuit blanche

Michel Rivard connaît un début 2021 effervescent. À l’imminence de son retour sur scène s’ajoute un rôle dans la nouvelle série Nuit blanche, de Julie Hivon, qui sera en tournage à compter de ce mois-ci, pour une diffusion à ICI Télé dans la prochaine année. Notre homme y incarnera Bertrand, un ancien amant de la matriarche Louise «Loulou» Hébert (France Castel), personnage pivot de cette saga familiale complexe.

«Je suis toujours aussi excité à l’idée de défendre un personnage qui n’est pas moi. J’aime beaucoup le travail d’acteur. Le personnage de Bertrand a beaucoup de strates, de couches, de vécu; il sera très agréable à jouer», mentionne l’interprète, qu’on n’avait pas vu dans une apparition régulière à la télévision depuis 30 vies, en 2012.

L’Origine de mes espèces: détour à la télé pour Michel Rivard
Photo Courtoisie, Productions Déferlantes

Compréhensif

En ce qui a trait aux soubresauts de la pandémie, Michel Rivard a été victime comme les autres artistes de la fermeture des institutions culturelles en 2020, et ayant toujours cours aujourd’hui. Il se dit serein devant la situation, néanmoins déçu de certaines décisions gouvernementales.

«Je suis très triste des choix qui ont été faits. On a de la misère à comprendre quelle est la différence entre ouvrir un cinéma et ouvrir un théâtre, si les consignes sont respectées. J’ai souffert de ça, comme mes amis restaurateurs, dont mon fils [Antonin Mousseau-Rivard, propriétaire du restaurant le Mousso, NDLR], comme mes amis artistes. Je trouve que ç’aurait été bien de privilégier certains aspects de la culture.»

«Mais, en même temps, je ne suis pas en colère ou critique au point de dire qu’ils auraient dû faire autre chose, ajoute Rivard. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui sont obligés de se démêler à travers ce qu’on vit, et qui essaient de faire plaisir et de respecter le plus de gens possible. Je conçois que les décisions sont difficiles à prendre et que c’est difficile de se démêler à travers tout ça.»

Télé-Québec présente L’Origine de mes espèces, la genèse ce vendredi, 5 mars, à 22h, et en rediffusion le dimanche 7 mars, à 21h.