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Arrêtez de nous tuer, nous, les femmes!

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Myriam Dallaire. 28 ans. Le regard souriant, jeune et terriblement vivant. Mère d’un petit garçon. Retrouvée assassinée froidement à coups de hache. Sa mère. 60 ans. Victime du même sort barbare.

L’« ex » de Myriam, au lourd passé criminel, les aurait tuées. Deux autres féminicides. Deux autres voisinages qui n’auraient rien vu venir. Cette fois-ci, à Sainte-Sophie. L’histoire est classique. Trop classique. 

Pandémie ou pas, des hommes violents et contrôlants continuent de tuer des femmes. « Leur » femme. « Leur » ex. « Leur » chose, dont ils disposent comme d’un vulgaire déchet pour leur avoir « désobéi ».

Colère

De la colère ? You bet. Plus le temps passe, plus elle monte. À chaque féminicide, elle nous arrache les tripes à mains nues. On sait aussi que pour chaque meurtre, il y a des milliers d’autres femmes qui, sous le joug de leur bourreau, subissent des violences insidieuses et répétitives – physiques, sexuelles, verbales, financières, etc. 

Cette réalité persistante est telle que la nouvelle Loi sur le divorce, adoptée par le gouvernement Trudeau, la reconnaît enfin. 

À chaque féminicide, on nous parle d’éducation. D’éduquer les jeunes garçons à des relations plus respectueuses, plus égalitaires. Bien sûr. C’est une urgence nationale. Mais les adultes, eux ?

Quoiqu’on se demande bien comment rivaliser, dans les faits, avec la consommation croissante de porno dès le jeune âge. Une porno omniprésente sur l’internet et combien dégradante pour les femmes.  

Combien encore ?

Et les hommes, eux ? Ceux qui, majoritairement, ne cherchent pas à dominer leur conjointe. Pourquoi ne les entend-on pas plus souvent et plus fort, s’adresser aux autres hommes qui, eux, sont violents ? 

Cette question, elle chicote bien des femmes et des filles. En plus de subir toute cette violence, sous quelque forme que ce soit, pourquoi faut-il qu’elles soient également seules à la combattre sur la place publique ?

On le voit bien. Les questions qui tuent ne manquent pas. Combien de refuges pour femmes et enfants violentés cela prendra-t-il pour en accueillir les nombreuses victimes ? Combien de corps de femmes assassinées faudra-t-il encore embaumer ? Combien d’orphelines et d’orphelins traumatisés à vie ? 

Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 / consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr