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Aide aux entreprises: Fitzgibbon déconnecté de la réalité

C’est ce qu’affirment des PME qui dénoncent d’énormes lourdeurs administratives

Conférence de presse CAQ
Photo courtoisie, Émilie Nadeau Pierre Fitzgibbon et plusieurs entrepreneurs sont en complet désaccord quant à leur évaluation de la complexité du programme AERAM (Aide aux entreprises en régions en alerte maximale).

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Quoi que puissent penser certains élus, il serait plus difficile qu’on laisse entendre de réclamer de l’aide du gouvernement du Québec pour les propriétaires d’entreprises en difficulté.

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Les représentants de plusieurs d’entre elles ont confié hier au Journal leur ras-le-bol d’entendre dire que le processus de réclamation d’une aide gouvernementale pour cause de pandémie se limite à « un formulaire de cinq pages ». 

« Quand j’entends cela, je me dis que ça n’a pas d’allure. Ça n’a tellement pas de bon sens qu’on dirait une caricature de la réalité », se désole François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec.

  • Écoutez le journaliste économique Sylvain Larocque sur QUB radio: 

Des choses clochent

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) n’en pense pas moins. 

« J’invite le ministre à écouter les entreprises comme le fédéral l’a fait, plutôt que de continuer de colporter que tout va bien », déclare son v.-p. pour le Québec, François Vincent. 

En conférence de presse, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a nié hier la complexité associée au dépôt d’une demande d’aide : « Le programme de l’AERAM [Aide aux entreprises en régions en alerte maximale] n’est pas si compliqué que cela, a-t-il dit. On a cinq pages [...] ; cinq pages qui sont assez faciles à remplir. »

<b>François Vincent</b><br/>
Dirigeant de la FCEI
Photo courtoisie
François Vincent
Dirigeant de la FCEI

Trois sur cinq veulent plus d’aide

La réalité est tout autre, soutient François Meunier, représentant de 18 000 restaurants et comptoirs au Québec.

« On demande des états financiers, des prévisions de revenus et dépenses, des garanties sur vos avoirs. Plusieurs doivent embaucher un comptable. C’est pas rien. »

La lourdeur associée à ce programme est telle que le propriétaire de la Chocolaterie Harmonie, à Stoneham, a fini par se tourner vers ses fournisseurs pour obtenir les 70 000 $ dont il avait besoin pour passer la St-Valentin.

« Il faudrait que Québec arrime ses flûtes, conseille le chocolatier Jocelyn Bédard. Tu peux avoir tous les programmes voulus, si les intermédiaires – comme une banque dans mon cas – bloquent ou compliquent indûment le processus, par incompréhension ou désintérêt, c’est foutu. »

Loin d’être anecdotique, cette lourdeur aurait poussé un nombre important d’entreprises à renoncer aux programmes provinciaux auxquels elles auraient pourtant droit. 

« Si les choses allaient aussi rondement qu’on le dit, demande M. Vincent, comment expliquer que trois entreprises sur cinq réclament plus d’aide de Québec ? »

Relance des exportations

Par ailleurs, le ministre Fitzgibbon a pris part hier au dévoilement d’un nouveau plan de relance des exportations du Québec. Ce plan d’action est assorti d’une enveloppe de 500 M$ sur cinq ans.

En 2020, les exportations du Québec ont diminué de 8,5 % par rapport à 2019. Dans l’ensemble du pays, les exportations canadiennes ont quant à elles reculé de 6,7 %. 

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