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La chute brutale d’Andrew Cuomo

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Le gouverneur de l’État de New York refuse de démissionner à la suite des allégations d’inconduite sexuelle qui pèsent contre lui. Il est peu probable qu’il s’en remette.

Andrew Cuomo est aussi vivement critiqué pour sa gestion de la pandémie de COVID-19, ce qui contribue à assombrir considérablement ses horizons politiques.

Avec la chute de celui qu’on encensait il y a quelques mois et qu’on cherchait à recruter d’urgence sur le ticket présidentiel démocrate, on assiste à une dégringolade politique digne de la mythologie grecque.

Mais de quel mythe s’agit-il ? Narcisse, Icare ou les deux à la fois ?

Narcisse

Comme bien des personnalités adulées, il n’est pas inconcevable que le gouverneur démocrate se soit senti irrésistible. C’est en tout cas ce qu’ont constaté celles qui ont rapporté ses gestes déplacés.

Il ne serait pas le premier. N’est-ce pas le « Narcissique-en-Chef » lui-même qui proclamait, dans une fameuse vidéo, que quand on est une « star », les femmes se laissent faire volontiers ? 

Le problème est que si les républicains ferment les yeux sur ce genre de comportement pour leurs leaders, ce n’est pas le cas des démocrates. L’ex-sénateur Al Franken en sait quelque chose. 

Si les républicains qui ont demandé la démission de l’ex-président pour ce genre de raisons sont rarissimes, le nombre de démocrates qui exigent le départ de Cuomo croît rapidement.

Icare

Icare s’était enfui du labyrinthe en volant, mais son ambition démesurée l’a mené à sa perte. 

Depuis un an, Andrew Cuomo a lui aussi volé au-dessus de la mêlée dans la lutte à la pandémie, ce qui lui a permis de se sortir de ce labyrinthe politique avec un certain succès.

Pendant des mois, Cuomo était sur toutes les tribunes et, contrairement à l’ex-président, il ne se gênait pas pour dire les vérités difficiles et pour suivre les consignes de la Santé publique. Cela lui a permis de voler haut, très haut. Il a même poussé l’audace jusqu’à publier un livre vantant sa gestion de crise.

Comme les ailes d’Icare, la gestion de crise qui a poussé Cuomo vers les hauteurs avait quelques défauts de fabrication.

La chute

Alors qu’on commence à envisager la fin de cette pandémie, les problèmes qui ont favorisé la propagation fulgurante du coronavirus dans l’État de New York font surface et le portrait qui s’en dégage n’est pas entièrement favorable à Cuomo. 

La gestion de crise du gouverneur avait plusieurs qualités, mais elle n’était pas infaillible. Comme le premier personnage mythique, le gouverneur s’est cru un peu trop irrésistible. Comme le second, il a voulu aller trop près du soleil et la lumière qui sera faite sur sa gestion de la crise risque fort de précipiter sa chute finale.

Cette pandémie n’a pas dit son dernier mot et ceux qu’on a déjà portés aux nues alors que la crise n’était pas finie seraient bien avisés de ne pas chercher à voler trop haut. La chute risque d’être brutale.