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COVID-19: l’humour devant un public distancié

La nouvelle règle du masque dans la salle est un défi pour les humoristes

Mario Jean à la salle Desjardins-Telus de Rimouski
Photo courtoisie, Yvan Couillard Mario Jean s’est produit devant un public masqué pour la toute première fois, mercredi, à Rimouski.

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Pour les humoristes, il n’est pas évident de jouer devant un public masqué et distancié, ce qui rend les rires moins perceptibles. Pierre-Yves Roy-Desmarais, Rosalie Vaillancourt et Mario Jean l’ont expérimenté pour la première fois cette semaine alors qu’ils effectuaient un retour sur scène dans les zones orange après plusieurs mois d’absence.

La dernière fois que les salles de spectacles étaient ouvertes, l’automne dernier, le port du masque de procédure n’était pas obligatoire durant les spectacles, mais seulement pour circuler à l’intérieur de la salle. 

Si ça ne change rien pour un chanteur, un musicien ou des artistes de cirque de se produire devant un public masqué, la situation est différente pour un humoriste. 

Pour Rosalie Vaillancourt, qui a un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), jouer devant un public masqué constitue un véritable défi. 

Même si elle s’est dite «vraiment heureuse» de reprendre la tournée, avec les masques «c’est vraiment difficile de me concentrer, confie-t-elle à l’autre bout du fil. Ç’a été tough pour moi, ça fait tellement bizarre de ne pas voir le visage des gens. Et les masques, ça coupe le son. Mais je suis allée dans une salle où tout le monde avait des masques noirs, ce qui fait que c’était moins dérangeant pour les yeux.»

«Mais je ne pense pas que ce soit les masques, la pire affaire, c’est que ce soit rempli au quart. Être devant 200 personnes au lieu de 1500, ça sonne vide», explique celle qui a présenté son spectacle Enfant roi dans des salles de la Côte-Nord le week-end dernier.

Très différent!

Pierre-Yves Roy-Desmarais, lui, n’était pas au courant de la nouvelle mesure concernant le masque obligatoire avant de monter sur scène vendredi dernier, à Rivière-du-Loup, pour le rodage de son premier «one-man show». 

«J’ai fait le saut, a-t-il dit en riant. Il faut s’adapter, mais ça s’est bien passé. Ce qui est très différent, c’est de voir les gens aussi à l’écart les uns des autres». 

Mario Jean abonde dans le même sens. Il a donné cette semaine trois représentations de son spectacle Aller de l’avant à la salle Desjardins-Telus de Rimouski, qui au départ, n’était qu’une seule représentation. Les billets vendus pour une salle normalement complète ont été étalés sur trois soirs pour que tous les billets puissent être honorés. 

Mario Jean
Photo courtoisie, Yvan Couillard
Mario Jean

«L’espace entre les gens est peut-être le pire, concède-t-il. Mais pour le masque, on a appris, même dans la vie de tous les jours, à compenser avec nos yeux, nos gestes. Hier [mercredi], je voyais un monsieur rire avec ses épaules. On le sent quand même. Moi, ça ne me dérangeait pas.»

Malgré tout, tous s’entendent pour dire qu’ils préfèrent un public masqué en présentiel à un public absent en virtuel. 

«J’ai senti que les gens étaient vraiment fébriles d’être là, souligne Mario Jean. Même les gens qui parlaient, je pouvais les entendre et interagir avec eux autres. Il faut avoir une interaction. En humour, tu n’as pas le choix. Ça prend un rire pour rythmer un spectacle. Tout est écrit selon les rires. Quand tu n’entends pas où les gens rient, c’est impossible à faire.»

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