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Michel Courtemanche fait un pied-de-nez à la télé

Michel Courtemanche
Photo courtoisie

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Écœuré de voir les télédiffuseurs trembler dans leurs culottes à la moindre petite plainte (Radio-Canada a publié une « mise en garde » avant chaque épisode de La Petite Vie à la suite... d’une seule et unique plainte !), et las de voir les décideurs censurer des textes avant même leur diffusion, Michel Courtemanche a décidé de partir son propre média. 

La plateforme com@tv présentera des sketches, des séries, des podcasts et des spectacles que les stations de télé conventionnelle (qui ont peur de leur ombre) n’auraient jamais le courage de diffuser. De dire Courtemanche et son partenaire d’affaires Sylvain Desjardins : « Un de nos sketches t’a offensé ? Ben regarde une autre plateforme ! »

CREUSER LEUR TOMBE

Après ça, les diffuseurs se demandent pourquoi de plus en plus de gens délaissent la télé conventionnelle...

Duh !

Vous vous posez la question ? Vraiment ? 

Si oui, vous êtes dus pour vous acheter une canne blanche et un chien Mira...

Il suffit maintenant qu’un pelé (ou une tondue non binaire) envoie un courriel de bêtises à un diffuseur pour que celui-ci se mette à genoux et crie « Pardon mononcle ! ».

Les diffuseurs sont en train de creuser leur propre tombe et ils ne s’en rendent même pas compte. 

Pour chaque lapin qui se roule en boule parce que quelqu’un a osé — enfer et damnation ! — exprimer un point de vue qui sort du petit carré de sable balisé par l’escouade de la bien-pensance, savez-vous combien de gens en ont ras le pompon de toujours entendre les mêmes opinions à la télé, le même discours mielleux, les mêmes idées gnan-gnan, les mêmes points de vue sirupeux ? Savez-vous combien de gens se disent : « Le consensus, qu’on s’en suce » ? 

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TÉLÉ-WOKE

J’ai coanimé Les Francs-Tireurs pendant 23 ans à Télé-Québec. 

Au début, Benoît Dutrizac et moi avions littéralement carte blanche. 

On a fumé du pot devant les caméras (alors que ce n’était pas légal), demandé à des femmes d’allaiter dans des centres commerciaux, organisé un défilé de la fierté hétéro en plein centre-ville de Montréal, tourné des reportages surréalistes dans des soirées sado-maso délirantes, avec un gars déguisé en chien qui se promenait à quatre pattes entre les jambes de ses « maîtres »...

Mais ces dernières années, Benoît et moi devions faire approuver tous nos sujets de reportages et tous nos choix d’invités par les boss de Télé-Québec. 

Pour se faire dire : « Non, pas ça... Non, pas lui... »

Quand on dit que le vent a tourné, je peux vous le dire d’expérience, c’est vrai. J’étais aux premières loges, j’ai vu ma liberté de communicateur fondre plus vite qu’un glacier en Antarctique.

Malgré tous les Gémeaux que Les Francs-Tireurs avaient amassés au fil des ans.  

Bientôt, même Ricardo va paraître trop controversé pour les décideurs... 

LE VRAI MAL

Si nos diffuseurs ne se réveillent pas, des Michel Courtemanche qui tournent le dos aux médias traditionnels, il y en aura des dizaines. 

On parle beaucoup de censure, par les temps qui courent. Tant mieux.

Mais il y a un mal encore plus pernicieux, plus dangereux.

L’autocensure.