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Des policiers blâmés par un juge pour une fouille abusive

Un jeune conducteur accusé d’avoir tué deux ados pourrait échapper à la justice

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Deux adolescentes ont été happées mortellement le 9 août 2017, dans le secteur Granada, à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.

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Un jeune conducteur accusé d’avoir happé à mort deux piétonnes de 16 ans en Abitibi-Témiscamingue, en 2017, pourrait échapper à la justice à cause du cafouillage des policiers.

« J’ai l’impression que ma fille est morte pour rien, qu’on ne saura jamais au fond ce qui s’est passé », lance avec émotion la mère d’une des adolescentes tuées en bordure de l’avenue Granada, à Rouyn-Noranda.

Le conducteur, Mathieu Desgagné, alors âgé de 21 ans, a depuis été accusé de conduite dangereuse et de négligence criminelle causant la mort des deux adolescentes, qu’on ne peut identifier en raison d’une ordonnance de la cour.

Mais les agissements de deux enquêteurs de la Sûreté du Québec pourraient faire dérailler les procédures judiciaires. 

Un juge a en effet rejeté des preuves importantes, Vendredi, puisqu’elles avaient été obtenues en violation des droits de l’accusé.

Mathieu Desgagné pourrait donc être libéré des accusations si la Couronne n’a pas d’autres éléments à présenter.

Dans les heures suivant la collision du 9 août 2017, les policiers ont en effet rencontré et interrogé le jeune conducteur dans un véhicule de police. Ils ont aussi fouillé dans son cellulaire. Le tout a été fait sans que le jeune homme soit informé de ses droits de quitter, de garder le silence et de contacter un avocat.

Desgagné a été arrêté quelques jours plus tard, puis interrogé pendant 10 heures.

Or, cet interrogatoire en règle n’aurait jamais eu lieu sans la déclaration obtenue illégalement et sans la fouille abusive de son cellulaire, ont plaidé ses avocates, Me Élise Pinsonnault et Me Catherine Ranalli.

Imprudence injustifiable

Pour le magistrat, même si les accusations sont graves et que « la vie de deux jeunes personnes s’est abruptement interrompue d’une manière tragique », les droits de l’accusé n’auraient pas dû être bafoués. Selon lui, les policiers ont fait preuve d’« imprudence injustifiable ».

En réaction à cette décision, l’avocate de l’accusé s’est dite partagée. « Je me réjouis puisqu’il s’agit d’une victoire pour les droits et libertés des Canadiens. Mais j’ai quand même une pensée pour les victimes directes et collatérales de ce tragique accident », a commenté Me Pinsonnault.


♦ Le dossier revient en cour le 19 avril. La Couronne devra alors prendre position quant à la suite des procédures.