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Les illusions féministes de Justin Trudeau

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Photos d'archives, AFP et Agence QMI Le premier ministre du Canada Justin Trudeau et son ministre de la Défense Harjit Singh Sajjan.

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Il n’y a pas à dire, la dernière année a été particulièrement difficile pour les femmes.

Il y a eu cette vague de féminicides pour nous rappeler qu’il y a encore des barbares qui n’ont pas compris, pour reprendre les mots de François Legault.

Il y a eu ces milliers de victimes de violence conjugale pour qui le confinement s’est transformé en emprisonnement. 

Il y a eu cette inégalité économique qui s’est creusée alors que 68 % des emplois perdus au Québec ont frappé des femmes.

Il y a eu cette inégalité sociale qui s’est confirmée alors que les mères ont assumé la part du lion de la conciliation travail-famille.

Et voilà qu’un premier ministre féministe concède qu’en matière de harcèlement sexuel, il y a encore les « bonnes » et les « mauvaises » victimes, celles qui ont le courage et la témérité de tout risquer pour obtenir justice et celles qui ont peur.

Bien sûr, il ne l’a pas dit en ces termes, mais c’est tout comme.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

La politique avant tout

Justin Trudeau juge donc acceptable que son ministre de la Défense ait refusé en 2018 de voir les preuves d’inconduite sexuelle à l’égard du chef d’état-major de l’époque, le général Jonathan Vance.

Il juge acceptable qu’on ait pelleté le problème dans la cour du Conseil privé (ministère du premier ministre), lequel a fermé le dossier, puisque la victime ne voulait pas que l’ombudsman des Forces armées canadiennes dévoile son identité.

L’idée d’aller au fond des choses, de fouiller pour vérifier s’il y avait un abcès à crever au sommet de la hiérarchie militaire n’a effleuré personne à l’époque ?

L’idée de trouver une façon de rassurer cette victime présumée, non plus ?

Mais non. C’eût été compliqué. Ça aurait pu mettre le gouvernement dans l’embarras.

Tout le monde a fait le minimum pour sauver les apparences. 

Il faut croire que même en 2021, avec un premier ministre féministe, ça suffit, surtout quand il s’agit de ne pas faire de vagues à la veille d’une élection potentielle.

À qui la responsabilité ?

Après #metoo, après #agressionnondénoncée, après le rapport de la juge Marie Deschamps, doit-on accepter que l’on place encore le fardeau sur les épaules des femmes ?

C’est malheureusement ce que sous-entend le premier ministre Justin Trudeau en réitérant sa confiance envers son ministre de la Défense. 

C’est heureusement le message contraire qu’a lancé François Legault en interpellant les hommes québécois cette semaine.