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Trucs pour prévenir la détresse psychologique

Marc-André Dufour
Photo courtoisie

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Depuis le début de la pandémie, la détresse psychologique se fait davantage sentir. Dans son livre, le psychologue Marc-André Dufour qui a travaillé à différents niveaux dans la prévention du suicide, encourage ceux qui éprouvent une quelconque forme de détresse à parler et à se confier pour éviter le pire et se permettre d’aller mieux. 

Si l’auteur est conscient qu’un livre ne peut, à lui seul, sauver des vies, en revanche, demander de l’aide et changer notre regard sur les émotions douloureuses pourraient influencer la suite des choses de notre existence.

Au Québec seulement, on compte plus de mille suicides chaque année et avec la pandémie et ses conséquences sur le niveau de détresse et d’anxiété les choses pourraient être pires, même si les statistiques ne sont pas encore compilées. « Demander aux gens de se réinventer professionnellement selon la situation et l’âge peut être très difficile. Nous ne sommes pas tous dans le même bateau, même si on traverse tous la même tempête. »  

<strong><em>Se donner le droit d’être malheureux</em><br>Marc-André Dufour</strong><br>Les Éditions du Trécarré<br>208 pages
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Se donner le droit d’être malheureux
Marc-André Dufour

Les Éditions du Trécarré
208 pages

Comme le suggère le titre du livre, il faut d’emblée se donner le droit d’être malheureux. Pour ce faire, il faut transcender la peur de dire que l’on va mal. « Même s’il y a toujours quelqu’un de pire que soi, on a le droit individuellement de vivre ses propres drames, illustre l’auteur. Il faut dans le contexte actuel accepter de vivre dans une existence provisoire. »

Un sujet tabou

Malheureusement, avouer que l’on va mal psychologiquement est encore un sujet tabou. Néanmoins, Marc-André Dufour suggère de se confier quitte à le faire de manière anonyme en ayant recours à des lignes téléphoniques ou même par texto, si parler n’est pas votre truc. « Tenter seul de supporter la souffrance intérieure et le mal de vivre peut être catastrophique », lance le psychologue. 

Un travailleur social ou un psychologue fera tout en son pouvoir pour résoudre certains problèmes. Faire appel à eux n’est pas vain, et ce, même si la personne en détresse perçoit ses problèmes comme insurmontables.

Écouter quelqu’un qui vit du stress ou de l’angoisse est la première clé pour faire avancer les choses. « C’est en accueillant la souffrance que l’on peut voir une étincelle d’espoir. Ensuite, face à l’impuissance, on va tenter de voir dans quel aspect de sa vie cette personne peut reprendre le contrôle, explique le psychologue. Établir un réseau de contacts est aussi primordial. » 

Pour s’en sortir

Il faut éviter à tout prix de tomber dans le pessimisme. « Si vous vous comportez comme si rien ne pouvait bien aller autour de vous, les probabilités que les affaires tournent mal seront assez fortes », souligne Marc-André Dufour.

Parmi les pistes de solutions élaborées dans son ouvrage, on compte l’idée de faire des choses qui fond du bien. Chaque personne étant unique, cela a une signification différente selon l’individu. On peut reprendre contact avec la nature puisque le temps passé dans la nature réduirait le stress. Selon une étude de l’Université de Stanford, on conclut qu’après 90 minutes passées dans la nature on observe une baisse de l’anxiété et des pensées négatives. La musique peut aussi être un outil précieux. La lecture peut également aider même si en période de détresse la concentration est difficile. 

Un simple coup de fil peut aussi faire la différence. « Il faut éviter d’être passif et ne pas hésiter à prendre l’initiative et proposer une rencontre vidéo ou téléphonique », suggère l’auteur.

L’alimentation joue également un rôle important. « Puisque le corps et l’esprit sont indissociables, la manière de nourrir votre corps influence votre santé mentale », précise-t-il. 


  • Si vous ou un proche en ressentez le besoin, il vous invite à contacter la ligne québécoise de prévention du suicide gratuitement au 1866-277-3553 (1-866-APPELLE)
  • Vous pouvez également trouver des ressources en contactant la ligne Info-Social au 811.
  • Liste des centres de crise en suicide : centredecrise.ca/listecentres