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Saint-Augustin: un variant de la COVID-19 s'invite dans une résidence pour aînés

Éclosion de COVID-19 au Sélection Retraite Saint-Augustin

FD-RÉSIDENCE SELECTION ST AUGUSTIN
Photo Agence QMI, Marc Vallières La résidence Sélection Retraite sur la rue de l’Hêtrière, à Saint-Augustin-de-Desmaures, où l’on recense neuf cas actifs de coronavirus parmi la clientèle, selon le bilan le plus récent du ministère de la Santé.

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Un employé qui serait entré en contact avec un voyageur venant de l’étranger aurait transmis le variant de la COVID-19 à des résidents d’une maison pour aînés de la région de Québec, au moment où la Santé publique s’attend à ce que ces nouvelles souches représentent bientôt la moitié des cas.

Actuellement, neuf résidents (trois de moins qu’en début de semaine) et un employé de la résidence Sélection Retraite Saint-Augustin combattent la COVID-19. Cinq résidents ont été transférés au centre de convalescence de la Grande Allée, déployé à l’hôtel Le Concorde. L’éclosion a commencé le 15 février.

Selon des informations obtenues par Le Journal, l’employé contaminé souffrirait d’un variant de la COVID-19.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale suspecte bien la présence d’un variant. Mais pour des raisons de confidentialité, il ne donne aucun détail sur l’origine de la transmission et ne précise pas si l’employé malade est touché par l’un des variants.

«La confirmation prend de 10 à 12 jours, mais quand on dit suspecter, c’est qu’on est sûrs à plus de 90%. Nous en trouvons présentement dans tous les milieux, car ils circulent sur le territoire. La situation est très bien contrôlée», explique le Dr Jacques Girard, adjoint médical au directeur de santé publique au CIUSSS.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) confirme 137 cas de variants dans la province, aucun dans la Capitale-Nationale, et en suspecte 1220. Des trois variants présents au Canada, le britannique est le plus courant, suivi du sud-africain, avec 40 cas confirmés en Abitibi-Témiscamingue, et du brésilien, dont un seul cas a été répertorié au pays.

En hausse

«On fait maintenant les tests de criblage [pour identifier la présence d’un variant] de manière systématique. Actuellement, les variants représentent 12 à 15% des cas. Mais certains émettent l’hypothèse que, d’ici un mois, on se retrouve avec 50% de variants, parce qu’ils se transmettent plus facilement. La souche originelle est pas mal sur la pente descendante. On se demande maintenant si la stabilisation actuelle des cas est due au fait que les variants prennent plus de place. C’est possible», avance le Dr Girard.

Il se fait cependant rassurant concernant l’efficacité des vaccins actuels contre ces variants.

«L’efficacité peut être légèrement réduite, mais de manière générale, il est évident qu’il y a une réponse immunitaire. Ce n’est pas seulement les anticorps que l’on mobilise, c’est aussi d’autres cellules dans notre organisme. D’autres mécanismes immunitaires vont faire la différence. Pour les trois variants que l’on surveille, la vaccination est importante. C’est un moyen de plus pour faire barrière au virus.»

La vaccination à la résidence de Saint-Augustin a eu lieu le 24 février, soit au cours de l’éclosion.

Consignes mal comprises

L’employé qui souffre du variant aurait pu être contaminé par une personne vivant sous le même toit et qui serait revenue récemment d’un voyage à l’étranger, ce que le CIUSSS n’a pas voulu non plus commenter.

«Tous ceux qui arrivent de l’étranger en avion doivent s’isoler pendant 14 jours. Même si votre test est négatif en embarquant dans l’avion, même s’il l’est après les trois jours à l’hôtel, insiste le Dr Girard. Le contrevenant peut encourir une amende de 750 000$ et une peine de six mois de prison. Ce que certaines personnes ne comprennent pas, c’est que si elles ne font pas la quarantaine seules, s’il n’est pas possible de s’isoler au niveau du logement, elles entraînent leurs proches avec eux. Les proches doivent alors faire la même quarantaine. S’il y a des enfants, ils ne peuvent pas aller à l’école.»

Cependant, un travailleur vivant sous le même toit qu’une personne n’effectuant pas correctement sa quarantaine ne s’expose pas a priori à des sanctions.

«Il y a un enjeu dans notre population au niveau de la capacité de certaines personnes à comprendre les directives en santé. On donne souvent le bénéfice du doute si la personne réalise la situation, collabore à l’enquête et change son comportement. Sinon, on peut sévir», plaide le Dr Girard.

Ce dernier indique que la situation, autant à la résidence de Saint-Augustin que pour les personnes qui ont été en contact avec un porteur du variant, est maîtrisée. La source de la contamination a été identifiée et toutes les interventions ont été menées.

Sévères

Mylène Dupéré, vice-présidente aux affaires publiques et aux communications corporatives du Groupe Sélection, qui compte 45 résidences au Québec, n’a pas voulu commenter, avançant que l’enquête en cours du CIUSSS et les renseignements sont d’ordre privé. Mais elle a insisté sur le sérieux de son entreprise envers les mesures sanitaires.

«Depuis le premier jour, nous respectons les exigences à la lettre. Les employés doivent changer de vêtements en arrivant au travail depuis le 23 mars, avant que cela ne devienne une mesure ministérielle. Tous les jours, nos employés, ceux des agences et du CLSC doivent remplir un formulaire à l’entrée. Au moindre symptôme, même si c’est seulement un nez qui coule, la personne ne peut entrer.»

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