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Affaire Prud’homme: Guilbault sur le gril?

Conférence de presse à Montréal sur la situation de la COVID-19
Photo d'archives, Ben Pelosse

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Geneviève Guilbault pourrait bien être appelée à témoigner devant le tribunal dans l’affaire Martin Prud’homme.

C’est le genre de moment qui peut marquer une carrière politique pour longtemps.

Prud’homme, c’est, techniquement, l’actuel patron de la Sûreté du Québec. 

Il fut toutefois suspendu le 6 mars 2019, par Mme Guilbault, avec salaire (quelque 250 000 $ par année !).

Elle parlait alors d’allégations de nature criminelle. Un an plus tard, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) concluait que... ce n’était pas le cas.

On aurait normalement dû réintégrer M. Prud’homme. 

Mais c’est ici qu’est commis le geste le plus intrigant de cette « saga » : le Secrétariat aux emplois supérieurs (SES) décide de lancer une autre vérification ! « Éthique », celle-là, par un comité de trois « experts » : Michel Bouchard, Louis Sormany et Luc Chamberland.

Le comité remet son rapport à l’automne 2020. La ministre lance alors un « processus » en demandant à la Commission de la fonction publique, comme il est prévu dans la loi, de déterminer s’il y a lieu de recommander à l’Assemblée nationale de destituer Prud’homme.

Lors de la conférence de presse du 16 octobre, Mme Guilbault répète 31 fois le mot « processus ». (Infoman en a fait un montage hilarant.)

Requête

Or, un mois plus tard, Prud’homme lance une requête pour faire annuler le « processus ».

Tout ce qu’on lui reproche, au fond, c’est un coup de téléphone d’octobre 2017 à Annick Murphy, à l’époque DPCP.

Les deux se parlaient pourtant souvent. Murphy a « dénoncé » le coup de fil deux ans après qu’il se fut produit ! Pourquoi avoir tant attendu ? Intrigant...

Aux yeux de Prud’homme, le fameux comité Bouchard-Sormany-Chamberland est illégal, a « contaminé » la ministre et la CFP.

C’est vrai qu’il n’était prévu nulle part, ce foutu trio de prétendus sages. Et en plus, son rapport ne contiendrait pas la version du chef de police.

En lançant le processus de destitution sur cette base, la ministre pourrait donc avoir accrédité un contournement de la loi 1, qu’elle-même avait fait voter, plaide Prud’homme.

Guilbault convoquée

Il est écrit dans le ciel que les procureurs de Prud'homme convoqueront Guilbault devant le tribunal. Dans la requête, ils ne sont pas tendres à son égard, en soulignant qu’elle a parlé, en conférence de presse, d’un « motif sérieux » pour destituer Prud’homme, après avoir vanté le comité de trois « éminents juristes ».

Du même souffle, elle avait admis ne pas avoir pris connaissance de l’intégralité du rapport Bouchard-Sormany-Chamberland. En fait, cela lui est interdit, car il contient des éléments confidentiels de l’enquête Serment du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) sur les fuites dans les médias dans l’enquête Mâchurer (sur la corruption au gouvernement Charest) !

Impatience

L’opposition officielle s’impatiente. Elle dénonçait en fin de semaine dans un communiqué l’« opacité » du gouvernement et demande à obtenir le rapport Bouchard-Sormany-Chamberland, et la version de Prud’homme.

La police au Québec... manigances et embrouillaminis à n’en plus finir. Coups fourrés.

Avec la loi 1 de la CAQ, le chef de la SQ (comme à l’UPAC et au DPCP) n’était plus choisi par le gouvernement en place, mais par l’Assemblée nationale aux deux tiers.

C’était peut-être trop simple, trop beau, pour être vrai.  

  • Écoutez l'entrevue d'Antoine Robitaille avec le député libréal et ancien policier Jean Rousselle sur QUB radio: