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Fermeture de deux RPA à Trois-Rivières: un aîné décède trois semaines plus tard

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Un aîné qui habitait dans une résidence privée pour personnes âgées forcée de fermer ses portes en Mauricie est décédé trois semaines après avoir dû déménager en toute hâte.

Encore sous le choc, Esther Trudel ne s'explique toujours pas le relogement forcé de son frère. Daniel Trudel, 72 ans, habitait à la résidence Saint-Pie X, qui a dû fermer en même temps que la Villa du Parc à Trois-Rivières en raison d'allégations de maltraitance à l'endroit des aînés.

Mme Trudel a raconté à TVA Nouvelles, mardi, que l'état de santé de son frère s'est rapidement détérioré après son relogement vers le CHSLD Cloutier-du Rivage.

Au-delà du triste sort de Daniel Trudel, plusieurs proches des aînés relogés ont continué de mettre en doute la gestion de toute l'affaire par les autorités de la santé.

«En trois semaines, il y a quelqu'un qui décède, ma mère qui ne me reconnaît plus, je commence à trouver que c'est assez», a déclaré Jean Beaulieu, dont la mère résidait elle aussi à la résidence Saint-Pie X. Les deux aînés entretenaient d'ailleurs une relation d'amitié, a affirmé M. Beaulieu.

«C'est des personnes qui étaient vulnérables, Nathalie et Martin [les propriétaires des deux résidences] le savaient, et ils avaient proposé au CIUSSS de partir et de laisser les résidents là; c'est ça qu'il aurait fallu faire», a martelé Esther Trudel.

«C'était la logique même de laisser les gens sur place», a renchéri Pierre Joly, fils d'un ancien résident de la Villa du Parc

Les propos de ces proches trouvent écho chez les défenseurs des droits des aînés et chez les experts. «Les aînés victimes de situations malveillantes ont 200 fois plus de chances de mourir prématurément», a soutenu Colette Coudé, directrice générale de la Table Action Abus Aînés Mauricie.

Pour la gérontologue Hélène Carbonneau, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, les études sont claires, les déménagements ont des impacts importants chez les aînés. Les occurrences de décès sont largement documentées, a-t-elle souligné.

Près d'un mois après le relogement, des proches regrettent encore que les deux ressources aient fermé leurs portes. C'est le cas de Pierre Joly, qui relate que son père avait trouvé à la Villa du Parc un lieu chaleureux. M. Joly dit avoir lui aussi constaté une dégradation de l'état de son père depuis le déménagement forcé.

Le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre du Québec a décliné les demandes d'entrevue de TVA nouvelles. On a répondu par écrit que la famille de M. Trudel avait été rencontrée et que l'organisation est «extrêmement sensible à l'impact d'un changement de milieu de vie pour le résident et la famille. Un déménagement est toujours de dernier recours».