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Ne gaspillons pas l’index sur le gaspillage

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Le gaspillage alimentaire est au cœur de nos préoccupations. En effet, s’il ne l’est pas pour vous, il le devrait, simplement parce que la nourriture préparée qui ne se mange pas contribue continuellement à gonfler votre facture alimentaire, que vous le vouliez ou non. Vous payez toujours pour ce que vous jetez au compost ou que vous laissez dans votre assiette au restaurant. Mais la situation est encore pire.

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a récemment publié un index sur le gaspillage alimentaire, une première dans le monde. L’objectif consistait à évaluer à quel point le gaspillage alimentaire est un problème planétaire. Les estimations dans le rapport suggèrent que de 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont associées à des aliments qui sont préparés, servis, mais non consommés. Le rapport estime aussi qu’environ 931 millions de tonnes de déchets alimentaires sont générées et que parmi ceux-ci, 61 % proviennent des ménages, 26 %, de la restauration et 13 %, du commerce de détail. Au Canada, chaque ménage gaspille pour presque 2 000 dollars de nourriture par année. Cette donnée diffère pour les pays en voie de développement, mais le gaspillage existe tout de même partout.

La création d’un index pour mesurer le gaspillage alimentaire et pour comparer la performance des pays est une excellente idée. Il est opportun de bien saisir la portée de ce problème difficilement mesurable.
En lisant le rapport, cependant, nous sommes à même de constater certaines lacunes. D’abord, la qualité des données est un enjeu important. La grande majorité des données proviennent de ministères et de départements en environnement. C’est le cas pour le Canada. Quelques bonnes études sont ajoutées à l’index, mais plusieurs rapports manquent à l’appel. Par exemple, le très bon travail de l’équipe de Martin Gooch n’y est pas inclus. D’autres études de différentes universités, les études de l’Alberta et de Montréal, entre autres choses, n’en font pas partie non plus.

Fait intéressant, c’est le Département des études environnementales de l’Organisation des Nations Unies qui soutient l’index, et non la FAO, la branche agroalimentaire de l’ONU. Le gaspillage alimentaire est un problème multidimensionnel qui inclut l’insécurité alimentaire. C’est peut-être la raison pour laquelle il manque plusieurs études dans l’index.

Malgré tout, la création de cet index permettra aux différents pays d’atteindre des objectifs clairs et mesurables d’ici l’année 2030. Mais concernant l’insécurité alimentaire, le rapport présente une évaluation sans ambition un peu décevante. Elle porte essentiellement sur l’effet du gaspillage sur l’environnement.

L’évaluation du gaspillage évitable dans les ménages, dans la production agroalimentaire, la transformation et la distribution n’est pas de tout repos. S’il y a une chose que l’ONU a apprise en créant l’index, c’est que les données manquent. Les nations ont été sommées de mieux faire la prochaine fois afin d’améliorer l’index, d’autant plus que l’année 2020 n’était pas incluse dans l’index publié la semaine dernière.

Malgré tout, la pandémie a peut-être aidé pour le gaspillage. En restant à la maison, en connaissant le contenu de notre garde-manger et en étant plus disciplinés durant nos visites au supermarché, la tentation de gaspiller était probablement moins forte. Avant la pandémie, nos visites à l’épicerie duraient en moyenne plus de 40 minutes. Maintenant, elles prennent à peine plus de 30 minutes. Moins l’on passe de temps à l’épicerie, plus les chances d’acheter quelque chose dont on n’a pas besoin diminuent.

Alors même si l’index de l’an prochain s’avère prometteur, il nous faut de bonnes données.

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