/news/coronavirus
Navigation

Pandémie: pas facile pour le moral des jeunes

Un sondage montre que les Canadiens âgés de 18 à 34 ans ont vu leur santé mentale être plus affectée par la COVID

Coup d'oeil sur cet article

Le moral des jeunes adultes canadiens a beaucoup plus souffert des effets de la pandémie que celui de leurs concitoyens plus âgés, révèle un nouveau sondage Léger.

• À lire aussi - Tous les développements de la pandémie

• À lire aussi - Se rassembler entre personnes vaccinées: «pas avant l’été» au Québec   

  • Écoutez les explications de Jean-Marc Léger, président de la firme Léger, avec Sophie Durocher sur QUB Radio :    

Depuis le début de la crise de la COVID-19, la détresse psychologique des Canadiens de 18 à 34 ans surpasse celle d’autres tranches d’âge, selon le coup de sonde réalisé à la fin février. Elle s’est particulièrement détériorée lors de la deuxième vague, puis au retour des Fêtes.   

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Ces chiffres détonnent parmi ceux de la population québécoise et canadienne en général.

En mai dernier, au début de la pandémie, 12 % des Québécois et 15 % des Canadiens sondés évaluaient leur santé mentale comme étant « mauvaise » ou « très mauvaise », alors que ce chiffre montait à 22 % chez les jeunes de 18-34 ans. 

Au retour des Fêtes, avec des mesures plus strictes, comme le couvre-feu, ces chiffres ont atteint un sommet, soit 19 % chez les Québécois, 24 % chez les Canadiens et 38 % chez les jeunes adultes.

Ce pic observé en février est attribuable à l’imposition du couvre-feu au cours du mois de janvier, croit la présidente de l’ordre des psychologues du Québec, Christine Grou.

« Tout le développement social, émotionnel et amoureux des jeunes passe par la socialisation avec les pairs. [Avec le couvre-feu], c’est ça qui était ciblé, de diminuer les moments de rencontre. »

  • Écoutez la chronique de la journaliste et autrice Lili Boisvert à QUB radio

« Ça va éclater »

Selon le PDG de la firme Léger, Jean-Marc Léger, la proportion de jeunes se disant malheureux a atteint une « masse critique énorme » après avoir franchi les 30 %.

« Plus le printemps va arriver, plus la pression des jeunes va être élevée. Ça va manifester de partout. Ça va éclater. »

M. Léger voit d’ailleurs un premier exemple de cette grogne dans la manifestation pour la reprise des sports qui s’est tenue dimanche.

Ces chiffres inquiétants chez les jeunes s’inscrivent dans un phénomène de fond qu’il observe depuis une décennie et qui serait attribuable à l’arrivée d’une variété de réseaux sociaux, d’après M. Léger.

Dépression

Dans son livre Le Code Québec, le sondeur, a en effet observé une chute de plusieurs indices de santé mentale dans cette tranche d’âge. 

Par exemple, le niveau de détresse psychologique est passé de 20 à 29 % de 2010 à 2016 et le niveau de bonheur, de 80 % en 2008 à 71 % en 2020.

« Vingt-six pour cent des millénariaux affirment avoir vécu une dépression. C’est catastrophique. Cette génération est fragile émotivement et est plus malheureuse. Elle fait face à la pandémie et ça a accéléré cette fragilité-là », soulève M. Léger.

« On savait déjà que la santé mentale chez les jeunes, c’était une cible avant la pandémie, pense la Dre Grou. Ce n’est pas nécessairement une tranche d’âge qui a facilement accès à des services. »


  • Ce sondage web a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1532 Canadiens de plus de 18 ans. La cueillette des données s’est déroulée entre les 26 et 28 février 2021.  
  • Vous aimeriez vous aussi répondre à des sondages? Inscrivez-vous à LEO, le panel de Léger : https://bit.ly/3raMw62   

« Ça va laisser des traces », dit une experte  

La forte proportion de jeunes qui affirment être dans un mauvais état psychologique avec la pandémie n’a rien de surprenant, selon des acteurs du milieu étudiant et de la santé.

« Le manque de socialisation, l’enseignement à distance et le peu d’accès à des activités physiques pèsent lourd sur la santé mentale des jeunes adultes », explique la Dre Mélissa Généreux, spécialiste en santé publique et médecine préventive.

Les résultats du sondage Léger concordent d’ailleurs avec ses travaux concernant l’impact de la pandémie sur le moral de la population, observe la Dre Généreux.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l’Union étudiante du Québec (UEQ) affirment que ces données reflètent les résultats de leur enquête sur la santé mentale des leurs pendant la pandémie.

« Là où la crise est venue empirer [la situation], c’est par l’isolement, qui est la première source de détérioration de la santé mentale des étudiants au collégial », explique la présidente de la FECQ, Noémie Veilleux.

Sommeil, alimentation, sport

Au niveau universitaire, on a également recensé des facteurs à l’extérieur du cadre des études.

« Une très grande proportion [des jeunes] a mentionné que leurs habitudes de vie, dont la qualité de leur sommeil, de leur alimentation et la pratique d’activités sportives avaient extrêmement diminué, explique la présidente de l’UEQ, Jade Marcil. Les seules relations sociales sont dans les emplois. »

La Dre Généreux pense également que la façon de s’informer des jeunes peut amener un manque de cohérence dans la compréhension de la crise et des mesures du gouvernement. 

« Ils ont plus tendance à s’informer par internet et les réseaux sociaux que par les sources formelles ».

Selon elle, ce serait une erreur de croire qu’un retour à la normale suffira à redresser la situation chez les jeunes. 

« Ça va laisser des traces », croit-elle.

Besoin de ressources

Les deux associations réclament davantage de financement gouvernemental pour augmenter les ressources en santé mentale destinées aux étudiants. 

« La situation est critique à l’heure actuelle et il va falloir donner un coup de barre », fait valoir Mme Veilleux.

À VOIR AUSSI       

Voici les vaccins contre la COVID-19 et leurs caractéristiques

Pandémie: pas facile pour le moral des jeunes

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres