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Plainte au DGEQ contre le chef de cabinet à Terrebonne

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Le conseiller municipal de Terrebonne Réal Leclerc a demandé mardi après-midi au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) d’enquêter sur le comportement du chef de cabinet du maire Marc-André Plante.

Le conseiller municipal de Terrebonne Réal Leclerc a demandé mardi après-midi au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) d’enquêter sur le comportement du chef de cabinet du maire Marc-André Plante.

M. Leclerc déplore qu’on lui ait suggéré de prendre sa retraite de la politique. Le tout a été filmé, il y a un peu plus d’une semaine.

La rencontre d’environ deux heures a eu lieu le 26 février dernier. Lors de celle-ci, le chef de cabinet Alain De Choinière a notamment suggéré au conseiller de quitter le parti politique et de ne pas se présenter à la prochaine élection municipale en raison de voyages de pêche du conseiller Leclerc dont les frais de séjour, excluant la nourriture, ont été payés par des fournisseurs de la Ville.

Il a aussi fait cette suggestion en raison d’un prêt personnel de 10 000 $ contracté auprès d’un fournisseur, prêt qu’il n’a jamais mis dans ses déclarations obligatoires.

Réal Leclerc, qui n’a jamais été accusé au criminel ni en déontologie en lien avec ces histoires, a été exclu de la formation politique vendredi dernier.

En échange de son départ, le chef de cabinet a expliqué que la Ville s’engageait à remettre au conseiller, sans embûche, ses allocations de départ et de transition de 160 000 $ calculés sur les diverses fonctions au sein de comités qu’il occupe à Terrebonne.

La conversation dans son intégralité a été filmée par une caméra de surveillance dans la résidence du conseiller Réal Leclerc.

M. Leclerc n’a pas l’intention d’en rester là. Sa plainte a officiellement été déposée en après-midi, mardi, et sera analysée par le DGEQ qui décidera s’il y a lieu d’y donner suite.

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Demande de démission du maire

De leur côté, les conseillers de l'opposition officielle de Terrebonne ont réclamé le retrait du maire Plante et de son chef de cabinet après les révélations de TVA Nouvelles.

«Le maire Plante a enfreint la loi en demandant à son chef de cabinet d’offrir un "deal" à son vice-président de comité exécutif pour qu’il ne se représente pas comme conseiller à la prochaine élection. C’est clairement illégal. En 2017, Marc-André Plante était au courant du passé de son conseiller qui avait siégé dans l’équipe Robitaille lorsqu’il l’a approché pour fonder son parti», a indiqué le conseiller du Mouvement Terrebonne, Marc-André Michaud, dans un communiqué.

«Marc-André Plante n’a plus aucune crédibilité pour parler d’intégrité. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que son éthique est élastique et qu’il ferait n’importe quoi pour garder le pouvoir. Le maire Plante semble avoir délibérément enfreint la loi. Il doit se retirer de ses fonctions le temps qu’une enquête soit menée par le DGEQ et la Commission municipale du Québec», a renchéri le conseiller Robert Morin.

Les conseillers entendent déposer une plainte au DGEQ et à la Commission municipale du Québec (CMQ) très prochainement.

Par ailleurs, la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, a fait savoir sur Twitter en début de soirée que le Commissaire à l'intégrité municipale et aux enquêtes allait intervenir dans ce dossier.

Réaction du chef de cabinet

Alain de Choinière a accepté, en début de soirée mardi, de revenir sur les événements qui ont mené à la plainte du conseiller Leclerc.

«Je connais monsieur Réal Leclerc depuis plusieurs années. À la suite de sa déclaration devant le caucus du parti politique Alliance démocratique de Terrebonne concernant son voyage de pêche et son emprunt à un fournisseur de la Ville, je n’ai pas peur de dire que son emprunt a été fait auprès de l’homme d’affaires Normand Trudel. Je l’ai rencontré à plusieurs occasions pour lui dire que c’était inacceptable pour la formation politique», a-t-il expliqué à TVA Nouvelles.

Rappelons que l'entrepreneur Normand Trudel avait été trouvé coupable de trafic d'influence et complot, en 2017, en lien avec des contrats obtenus de la Ville de Mascouche

M. De Choinière a ajouté avoir demandé à M. Leclerc de s’exprimer publiquement à ce sujet, mais que ce dernier «repoussait toujours l’échéance».

«Je lui ai mentionné que le parti n’accepterait pas ces actes-là.»

Il a affirmé ne pas avoir mis de pression «du tout» au conseiller municipal, mais plutôt lui avoir suggéré de prendre sa retraite.

«Je n’ai pas fait de manœuvre électorale frauduleuse en aucun moment. Je demande à M. Leclerc de fournir l’intégrale du deux heures d’enregistrement fait chez lui. Parce que lors de cette discussion, j’ai été très clair en lui disant que c’était son choix de se représenter ou non et que c’était la population qui décidera à l’élection», a indiqué Alain De Choinière.

Le chef de cabinet a répété n'avoir «rien» à se reprocher et être disponible pour rencontrer le DGEQ et le Commissaire des affaires municipales.

Extraits de la conversation au domicile de M. Leclerc:  

Chef de cabinet: «Je me suis permis de vérifier, qu’est-ce que ça donnerait si tu décidais de ne pas te représenter [...]. Je ne sais pas si tu le sais ou si tu l’as déjà vérifié? Je me suis permis de le faire. C’est basé sur le nombre d’années depuis que tu es là et la rémunération de la dernière année [...]. Ça donnerait 160 000 $, la prime de départ et l’allocation de transition.»

Conseiller Réal Leclerc: «Qu’est-ce que vous voulez? Que je ne me représente pas?»

Chef de cabinet: «Je vais finir [de te présenter ma proposition]. Je fais tout ce calcul. Je me dis, crisse, mettons qu’on se chicane et que ça fini que tu n’acceptes pas, c’est sûr Réal qu’il n’y a personne de gagnant.»

Conseiller Leclerc: «Mais ça vient d’où cette pression? Le maire ne veut plus m’avoir, c’est ça la vérité? [...] C’est toi qui as pensé à ça?»

Chef de cabinet: «Ce n’est pas moi qui y a pensé. Collectivement, c’est moi et Marc-André.»

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Conseiller Leclerc: «Ah ok, on va y enlever la vice-présidence [du comité exécutif]. On va le punir, non, mais c’est ça, on lui donne une sentence. Mais vous êtes qui? Vous êtes qui?»

Chef de cabinet: «Mais c’est ça la politique. [...] Il n’y a pas de guerre, pas de chicane. Tu collectes la totale. Tu vas pouvoir être en Floride tout l’hiver prochain et gagner le même argent que si tu te représentais et continuer à être impliqué si tu veux et tout le kit. Par contre, à l’inverse, je te le dis Réal, la conséquence, je m’en câlisse des défis et des débats, j’en ai vu d’autres, mais ce sera ça. Moi je suis prêt.»

Conseiller Réal Leclerc: «Vous avez bien plus à perdre que moi.»

Chef de cabinet: «Peut-être que oui, peut-être que non.»