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Joe Biden avance et impose son style, sans tweets rageurs

Joe Biden avance et impose son style, sans tweets rageurs
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Le gigantesque plan de soutien à l’économie est là, la campagne de vaccination anti-COVID s’accélère de façon spectaculaire: Joe Biden marque des points, avec une forme de discrétion revendiquée.

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Une machine bien huilée, une approche méthodique, une présidence sans drames. Ses détracteurs ironisent sur un locataire de la Maison-Blanche sans relief, voire ennuyeux? Ces attaques ne dérangent pas le 46e président de l’histoire des États-Unis. Au contraire.

Élu sur une promesse de calme, Joe Biden offre depuis 50 jours à l’Amérique et au monde une présidence «tout simplement moins épuisante», comme l’avait prédit Barack Obama en campagne pour son ancien vice-président.

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Et, grâce à l’adoption par le Congrès, prévue mercredi, de son plan de 1900 milliards de dollars, il engrange, peu après son arrivée, un indéniable succès législatif qui restera, quoi qu’il arrive, un marqueur de son mandat.

Contraste saisissant

Celui qui n’évoque presque jamais son bouillonnant prédécesseur («l’ancien gars», lâchait-il, un peu méprisant, mi-février) a imposé, en moins de deux mois, un style apaisé.

Ses tweets passent inaperçus. Les fuites sur d’éventuels tiraillements au sein de l’exécutif sont presque inexistantes. Et les prises de bec annoncées avec l’aile gauche de son parti n’ont, à ce stade, pas eu lieu.

Le contraste avec le début du mandat Trump est saisissant. À pareille date en 2017, le tempétueux républicain avait déjà affronté une avalanche de polémiques et avait été contraint de se séparer de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn.

Communication millimétrée à l’appui, Joe Biden met en scène sa proximité avec les Américains et s’en tient à des allocutions plutôt courtes et sans effets de manche.

«Quand j’ai été élu, j’ai dit que nous allions cesser les bagarres sur Twitter et nous concentrer sur les résultats concrets pour les Américains», a-t-il martelé ce week-end.

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Son gigantesque plan de relance n’a pas emporté l’adhésion des républicains. Il ne fait pas l’unanimité parmi les économistes, certains s’inquiétant de ces sommes démesurées et d’une possible surchauffe de l’économie.

Mais il a le soutien clair d’une écrasante majorité d’Américains. Selon un sondage du Pew Research Center rendu public mardi, 70 % d’entre eux y sont favorables.

Pour Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche, la conclusion est évidente: «Les républicains à Washington sont en décalage avec le reste du pays».

Concrètement, des dizaines de millions d’Américains vont recevoir un chèque dans les semaines à venir.

Symbole d’un changement d’ère: la Maison-Blanche a précisé que le nom de Joe Biden n’y figurerait pas, contrairement à celui de Donald Trump lors du premier plan de sauvetage adopté en mars 2020.

Combats à venir

Dès qu’il aura apposé sa signature sur cette loi, le président pourrait se montrer plus présent et sortir plus souvent de la Maison-Blanche pour la défendre.

Il a clairement indiqué qu’il voulait adopter une approche différente de celle de Barack Obama en 2009, lors d’un autre plan de sauvetage spectaculaire.

«Barack était très modeste, il ne voulait pas faire, selon ses mots, de tour d’honneur [...] Et, de manière ironique, nous avons payé pour cette humilité», a-t-il expliqué la semaine dernière.

Mais si le vote du Congrès sur l’une de ses promesses emblématiques de campagne s’est bien terminé, il a aussi été porteur d’un avertissement.

Joe Biden le sait: il n’a qu’une faible marge de manoeuvre au Congrès. Et comme l’ont montré les tractations de dernière minute avec Joe Manchin, sénateur démocrate de Virginie-Occidentale, il n’est pas à l’abri de tensions dans son camp.

Or, celui qui, en campagne, mettait inlassablement en avant sa très longue arrière au Sénat comme gage de capacité à trouver des compromis avec ses adversaires politiques n’a pas obtenu une seule voix républicaine au Sénat.

Sur les infrastructures, le climat ou l’immigration, il sait qu’il devra se préparer à d’âpres batailles sur la colline du Capitole.

Pour l’heure, il peut se satisfaire d’un sondage flatteur, le dernier en date d’ABC News/Ipsos: plus des deux tiers des Américains (68%) approuvent sa gestion de la pandémie.

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Joe Biden ne déclenche pas dans les rangs républicains l’hostilité dont Barack Obama fut souvent la cible durant ses deux mandats. Et il offre, à ce stade, peu d’angles d’attaque à ses adversaires.

Certains des opposants tentent cependant de dépeindre un président surprotégé par ses équipes, de peur qu’il ne multiplie les gaffes.

Et sa réticence à répondre aux questions des journalistes dans le cadre d’une conférence de presse, qui permet des relances, fait l’objet de critiques croissantes.

Depuis sa prestation de serment, le 20 janvier, il ne s’est en effet jamais plié à cet exercice potentiellement périlleux, contrairement à Donald Trump et à Barack Obama au même stade de leur mandat.

«Il a participé à environ 40 questions/réponses depuis son arrivée», a répondu, agacée, sa porte-parole, évoquant les échanges informels - et rapides - entre le président et les journalistes dans le Bureau ovale ou pendant ses rares déplacements.

Quid d’une véritable conférence de presse? «Avant la fin du mois de mars», a-t-elle promis.

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