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Des vaccins déconseillés aux fidèles catholiques

Le clergé juge les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson immoraux

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La Conférence des évêques catholiques du Canada a créé toute une controverse mercredi en conseillant à ses fidèles d’éviter, si possible, les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson en raison de leur lien avec l’avortement. 

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« Je dénonce vigoureusement cette déclaration de la Conférence des évêques catholiques du Canada. J’invite tous les Québécois à se fier à nos experts et à ceux de partout dans le monde : tous les vaccins que nous administrons sont efficaces », a aussitôt riposté sur Twitter le ministre de la Santé, Christian Dubé.

  • Écoutez la chronique de Geneviève Pettersen avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

« C’est décevant, c’est de la désinformation », a ajouté le Dr Howard Njoo, de l’Agence de la santé publique du Canada.

Cette sortie de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) arrive au moment où la campagne de vaccination de masse vient de débuter. Il est d’ailleurs impossible pour les Québécois de choisir le vaccin qu’ils se feront injecter. 

Dans une note mise en ligne mercredi, les représentants du Vatican au Canada soulignent que les vaccins développés par AstraZeneca et Johnson & Johnson « utilisent des lignées cellulaires dérivées de l’avortement », contrairement à ceux de Pfizer et Moderna.

Pratique courante

AstraZeneca utilise en fait des cellules reproduites en culture provenant des tissus de rein d’un fœtus avorté en 1973. La lignée pour le produit de Johnson & Johnson, elle, remonte à 1985. Les cellules sont donc des clones des tissus d’origine.

Il s’agit d’une pratique courante dans l’industrie. Les vaccins développés contre la rougeole et la varicelle ont entre autres utilisé cette technique.

Les évêques suggèrent ainsi de les éviter dans la mesure du possible, sans toutefois l’interdire aux fidèles sans autre option.

Si cette déclaration a fait bondir le milieu politique, la professeure au Département des sciences des religions de l’UQAM, Catherine Foisy, s’est dite « pas surprise, mais pas du tout » par la position de la CECC.

« Il y a un réalignement [plus conservateur] des évêques canadiens depuis plusieurs années autour des questions de la morale sexuelle [...] et de la défense du caractère sacré de la vie », explique la spécialiste. 

  • Écoutez l'analyse de Mario Dumont sur QUB radio    

 Les pro-vie derrière

Elle confirme une recrudescence des groupes pro-vie, qui ont « leurs entrées auprès des instances religieuses ».

Et selon Mme Foisy, la note du CECC « rate largement la cible ».

« Les personnes âgées meurent [de la COVID] et ce sont majoritairement elles les personnes croyantes et pratiquantes. [...] Ça peut faire en sorte que des personnes plus vulnérables décident de ne pas prendre ce vaccin. Ça sera minimal, mais il y a des risques », fait-elle valoir.

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