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Explosion des prix du bois: «Il va falloir que ça arrête»

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Peu importe la construction que vous envisagez de faire ce printemps ou cet été, si elle est faite de bois, attendez-vous à ce qu'elle vous coûte beaucoup plus cher.

En ce moment, certaines entreprises disent n'avoir jamais payé de tels prix pour leurs matériaux de construction. C'est le cas de Remises Gagnon, qui est dans l’industrie depuis près de 40 ans.

«Certains matériaux dans la construction ont augmenté de 400 à 500 %», a dit mercredi Nathalie Gagnon, copropriétaire de l'entreprise, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Elle donne en exemple les feuilles de contreplaqués. L'an dernier, elle les a achetées au coût d'environ 22 $ la feuille. En ce moment, la même feuille coûte près de 70 $. Autre exemple, un 2 X 4 qu'elle a payé 1,48 $ au début de 2020 valait 6,80 $ il y deux mois.

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«Il va falloir que ça arrête d'augmenter parce qu'il y a des matériaux qu'on est plus capables d'avoir parce que les usines ne fournissent plus», a expliqué Mme Gagnon. «Moi je fabrique des cabanons et on s'entend que ce n’est pas le fun quand tu n'as pas ton cabanon, mais ce que je commence à penser, c'est à ceux qui ne seront pas capables d'avoir leur maison.»

Le marché de la construction résidentielle est loin d'être épargné par cette inflation des prix des matériaux. La demande est forte et l'offre restreinte.

Selon le vice-président aux Affaires publiques à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), François Bernier, une maison qui coûtait 200 000 $ à construire avant la pandémie coûte actuellement près de 230 000 $, une hausse de près de 15 %. Et il ne faut pas s'attendre à ce que les prix redescendent bientôt.

«Il pourrait y avoir des hausses encore puisque la demande continue d'être présente. La solution, à part évidemment qu'on se calme un peu, c'est des approvisionnements additionnels en bois ou à toutes sortes de matériaux qui eux, sont liés à des usines.»

Par exemple les scieries, qui selon le Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec, seraient responsables de cette hausse des prix. Parce qu'en 15 ans, ils affirment ne pas avoir augmenté leur prix.

Émery Bélanger est premier vice-président du Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec, qui compte plus de 11 000 producteurs. «C'est l'industrie qui met le gros volume d'argent dans ses poches. Si on prend l'exemple de 2005, les transformateurs gardaient entre 50 et 80 $ du 1000 entre le bois rond et le bois scié. Ces temps-ci, c'est entre 700 et 800 $, alors leurs marges de profits sont énormes.»

Il faut dire que notre bois est aussi très prisé aux États-Unis, au point où certains comme l'APCHQ et Nathalie Gagnon aimeraient que l'État intervienne.

«Si nos gouvernements pouvaient protéger un peu notre économie et imposer un certain quota de bois qui doit rester ici pour approvisionner et faire fonctionner notre économie, je pense que ça pourrait être intéressant», a conclu la copropriétaire de Remises Gagnon.

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