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Miller n’a pas remplacé Hasek

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Le gardien américain le plus victorieux de l’histoire, Ryan Miller, a rejoint Dominik Hasek au 14e rang de la LNH avec 389 victoires.

Miller a succédé avec brio au « Dominator » chez les Sabres de Buffalo après l’intérim de Martin Biron, mais l’a-t-il vraiment remplacé ? Non. C’était mission impossible. 

À 40 ans, Miller se défend encore à Anaheim, mais sa belle carrière tire à sa fin. Il a gagné le trophée Vézina en 2010 et il a mené les Sabres à la finale de l’Est en 2006 et en 2007. Il est revenu des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 avec la médaille d’argent et les titres de meilleur gardien et meilleur joueur du tournoi olympique. 

Miller a répondu aux attentes après trois saisons phénoménales chez les Spartans de l’Université Michigan State et trois campagnes étincelantes dans la Ligue américaine à Rochester. Certains partisans des Sabres l’aiment plus que Hasek, qui a eu la tête du populaire entraîneur Ted Nolan, à l’été 1997.  

Hasek a conduit les Sabres en séries sept fois en huit ans et ils étaient beaucoup moins talentueux qu’aujourd’hui. Du pur génie. Avec Miller, ce fut quatre présences en séries en neuf saisons, dont la toute dernière en 2011. Il a déménagé en 2014 et c’est toujours la panne sèche à Buffalo. 

Miller n’est pas Hasek, mais il est dans la discussion du plus grand gardien américain avec Tom Barrasso (un ancien Sabre), Jonathan Quick, Mike Richter, John Vanbiesbrouck, Tim Thomas et l’ancêtre Frank Brimsek. Un beau débat. 

Chiffres époustouflants 

Hasek a haussé la barre à Buffalo. De 1993-1994 à 2000-2001, il a maintenu un taux d’efficacité de ,928, comparativement à ,903 pour l’ensemble des gardiens. Déjouer les probabilités par plus de 1 % sur une longue période est exceptionnel dans tout domaine, mais Hasek fut 2,5 % au-dessus du lot pendant huit ans. C’est hallucinant ! Ses deux plus proches rivaux dans cet intervalle furent sans surprise Patrick Roy à ,915 et Martin Brodeur à ,913. 

Waite au bâton 

Stéphane Waite a dignement répondu à toutes les questions après son congédiement. Quelle transparence ! Retenons que Carey Price est humain, qu’il se sent coupable et qu’un fort lien les unissait. Waite inspire le respect et depuis fort longtemps, comme l’illustre l’anecdote suivante.  

J’ai eu la chance d’assister au premier jeu blanc dans la LNH de Corey Crawford, le 5 mars 2008 à Chicago, contre Jean-Sébastien Giguère et les Ducks. Après le match, j’étais attablé avec Stéphane et sa famille. À l’autre bout du restaurant dans un petit coin tranquille, il y avait Tony Esposito et sa femme. À un moment, le légendaire « Tony-0 » s’est levé et a traversé l’établissement pour venir saluer Waite. Une belle marque de respect d’un grand du hockey. 

Chez les Flyers ? 

Comme entraîneur, Waite a une belle qualité. Il garde les choses simples et avec lui, tout est clair. Son curriculum vitæ est remarquable. Il a manqué de temps pour relancer Price, mais il est si honnête qu’il l’a même encouragé en lui disant qu’une nouvelle voix pourrait l’aider. Souhaitons à Waite un bon jeune gardien à développer. Pourquoi pas Carter Hart à Philadelphie, aux côtés d’Alain Vigneault, de Michel Therrien et du bon vieux Bernard Parent, l’ambassadeur par excellence des Flyers ? 

Price au 30e rang 

Carey Price est revenu dans le club des ,900 et il a gagné 11 places dans notre classement. Il se retrouve au 30e rang. Marc-André Fleury et Andrei Vasilevskiy ne dérougissent pas et se partagent la tête. Thatcher Demko est notre étoile de la semaine avec une fiche de 4-0-0, 0,969 et 0,98.