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Nouveau programme pour les témoins: plus d’aide pour les mineurs devant le juge

Nouveau programme pour les témoins: plus d’aide pour les mineurs devant le juge
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Grâce à un nouveau programme lancé par Québec, les témoins mineurs pourront obtenir jusqu’à 30 heures de préparation avant de prendre la parole devant le tribunal. 

Le gouvernement investira 2,1 millions de dollars annuellement dans le réseau des Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) pour un programme destiné aux enfants témoins. À court terme, ces fonds permettront l’embauche de 23 nouvelles personnes-ressources partout dans la province. 

La mesure annoncée est un exemple d’adaptation visant à améliorer le système de justice, a plaidé le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.

«Peu importe le district dans lequel l’événement survient, on veut que tous les enfants, tous les adolescents et [...] toutes les personnes vulnérables aient de l’accompagnement et de l’aide au témoignage», a dit M. Jolin-Barrette en répondant à une question du Journal.

Les participants seront en mesure de visiter la salle d'audience avant le début des procédures. Un suivi après le témoignage est aussi prévu.

  • Écoutez l’entrevue de Kathleen Dufour, directrice générale du CAVAC de l'Outaouais à QUB radio

Le CAVAC de l’Outaouais avait lancé un projet similaire il y a quelques années. L’organisme a contribué au développement du programme du gouvernement, qui était recommandé dans un rapport du Comité d'expertes et d'experts sur l'accompagnement des victimes d'agression sexuelle et de violence conjugale.

«Les études démontrent que, contrairement à la croyance populaire, les enfants, même très jeunes, peuvent rendre un témoignage crédible et clair dans le cadre d’une audience devant un tribunal», soutient Kathleen Dufour, directrice générale du CAVAC de l’Outaouais. 

M. Jolin-Barrette n’aurait pas d’objectifs précis visant à évaluer l’efficacité de l’initiative, mais il espère qu’un maximum de personnes y prendront part.

L’argent investi doit aussi servir à l'amélioration du soutien aux personnes vulnérables, par exemple des personnes ayant été victimes de violences diverses ou ayant des déficiences intellectuelles.

Le facteur anxiété

Emmanuelle Bernheim, professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, accueille favorablement l’annonce du gouvernement provincial.

«Le contact avec les tribunaux, porter plainte à la police, déposer des documents à la cour, tout ça, c’est extrêmement anxiogène pour les gens», dit Mme Bernheim, qui participe actuellement à un projet sur l’autoreprésentation dans le système judiciaire.

Elle salue l’ajout de nouvelles ressources. «C’est clair que c’est un bon début. Après, il ne faudra pas s’arrêter là, c’est évident», dit la professeure.