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Un nouveau laboratoire pour étudier les virus infectieux

Les chercheurs pourront travailler sans risquer de se contaminer

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S’il y a une leçon à tirer de la pandémie, c’est qu’il ne faudra pas cesser de financer la recherche quand ça ira mieux, martèle l’Institut national de la recherche scientifique, qui a inauguré mercredi un nouveau laboratoire permettant d’étudier le virus de la COVID-19. 

« Ce n’est pas la dernière pandémie qui va nous attaquer », a rappelé le directeur général de l’Institut, Luc-Alain Giraldeau, après l’inauguration du laboratoire au cœur même du Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie, à Laval. 

La particularité du nouveau laboratoire, c’est qu’il permettra d’étudier certains pathogènes – les agents infectieux qui causent les maladies – dans des conditions sécuritaires grâce à son étanchéité de « niveau de confinement 3 », ne permettant pas aux particules volatiles de s’en échapper.

Dans la pièce, la pression de l’air sera négative, et on ne pourra y accéder que par un sas, une pièce munie de deux portes étanches pour entrer et sortir. Chaque déchet sera décontaminé et les chercheurs revêtiront tout un attirail pour se protéger.

Étudier de plus près 

En d’autres mots, ces derniers pourront étudier le virus de la COVID-19 sans risquer de contaminer l’extérieur. Le même principe s’applique à d’autres maladies, comme la tuberculose ou le virus du Nil. 

Les recherches permettront donc d’étudier ces virus de plus près, pour trouver d’autres remèdes plus efficaces ou pour se préparer à une prochaine pandémie.

Vêtue de son attirail de protection, Anaïs Anton, une des superviseuses du laboratoire de Laval, prélève du liquide qui servira de milieu de culture pour les cellules infectées.
Photo courtoisie INRS
Vêtue de son attirail de protection, Anaïs Anton, une des superviseuses du laboratoire de Laval, prélève du liquide qui servira de milieu de culture pour les cellules infectées.

Au Québec, les laboratoires de niveau 3 se comptent sur les doigts d’une main, et au Canada, il n’y en a pas plus d’une trentaine.

Pourtant, lors de l’épidémie du SRAS-CoV en 2002, Québec comptait bien plus de laboratoires de ce type, indique le directeur. 

En quelques mois 

« Ça coûte cher à maintenir. La moindre fissure qui laisse passer de l’air, on perd la certification. C’est très onéreux. Avec l’ensemble des compressions budgétaires, la recherche est affectée », relate-t-il. 

« C’est important d’avoir de telles infrastructures, en prévision d’une pandémie. Là, on se rend compte que notre vie peut basculer en quelques mois », ajoute Laurent Chatel-Chaix, professeur à l’INRS. 

Sans laboratoire de niveau 3, les chercheurs ne peuvent travailler qu’avec des virus similaires – moins dangereux –, ce qui peut faire varier les résultats. 

« Plus on ajoute de [labos], plus on a de chercheurs qui peuvent travailler sur la bête dangereuse. C’est un avantage direct [pour le développement d’un vaccin local], poursuit M. Giraldeau. Si on avait de la production ici, on ne serait pas à la merci des autres pays. »

Et si dans le monde on a pu développer un vaccin contre la COVID-19 aussi rapidement, c’est grâce à la recherche réalisée en amont sur les souches parentes du virus, précise M. Chatel-Chaix. 

« [Les études] pourraient placer le Québec au premier plan sur la scène internationale de la recherche », estime-t-il. 


Chaque année, on compte environ 17 millions de décès liés à une maladie infectieuse, selon l’OMS.