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Biden avance malgré le blocage républicain

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Alors que les États-Unis marquent l’anniversaire d’une pandémie qui a fauché plus d’un demi-million de vies et entraîné d’immenses pertes économiques, Joe Biden signera un plan de relance de 1900 milliards $ boudé par les républicains. 

Pour paraphraser le dicton américain, « mille milliards par ci, mille milliards par là, bientôt on va commencer à parler de vrai argent. »

On parle aussi de vraie politique. Les républicains ont refusé d’accorder un seul vote en appui à cette première réalisation législative majeure de l’ère Biden. Ce refus net de la collaboration bipartisane augure mal pour le reste du mandat.

Un plan nécessaire

Les critiques affirment que c’est de la folie d’engager de telles sommes, que le gouvernement en a déjà assez fait et que cette loi de 600 pages n’est qu’un ramassis de faveurs aux clientèles démocrates.

C’est faux. La reprise a nettement ralenti depuis quelques mois et les mesures sanitaires continuent de peser lourd. La bourse va bien, mais cet optimisme dépend de l’adoption attendue du plan Biden.

En plus de fournir 1400 $ à chaque Américain dont le revenu annuel est inférieur à 75 000 $, le plan étendra les couvertures d’assurance-chômage, donnera des crédits d’impôt aux parents, aidera les États touchés par la crise à renflouer leurs budgets et financera la vaccination contre la COVID-19.

Incidemment, cette stimulation massive de l’économie américaine aura des retombées positives chez nous.

Bipartisme unilatéral

Ça n’a pas empêché les républicains de voter en bloc contre ce plan, même s’il recueille près de 75 % d’approbation dans les sondages. Ces mêmes sénateurs et représentants républicains avaient massivement appuyé ce genre de mesures, avec de forts appuis démocrates, quand leur président était en poste. 

Les républicains reprochent à Biden et aux démocrates de faire fi du bipartisme, alors que c’est eux qui refusent de céder la moindre parcelle de terrain. Comme ils l’avaient fait pour Obama, ils accusent Biden d’hyperpartisanerie et comptent en tirer des avantages électoraux. 

Prochaines étapes

En attendant, le plan Biden donnera un coup de pouce majeur à la relance économique qui profitera à tout le monde, tous partis confondus. 

Ce bras de fer législatif démontre toutefois que les républicains ne céderont rien à Biden, qui devra compter sur la procédure exceptionnelle de réconciliation budgétaire pour faire passer ses priorités.

Un projet de loi visant à protéger l’exercice du droit de vote pour tous est donc voué à l’échec face au filibuster des sénateurs républicains, tout comme la promesse démocrate d’un salaire minimum à 15 $. La seule autre initiative majeure qui pourra vraisemblablement passer par réconciliation budgétaire sera un plan de redressement des infrastructures que tous promettent depuis longtemps et que le président précédent n’a jamais réussi à faire passer malgré ses majorités au Congrès.

Si Joe Biden réussit ce tour de force en plus du plan de relance, les électeurs pourraient porter un jugement favorable sur sa présidence même si les républicains continuent de jouer à la vierge offensée en l’accusant de tous les péchés.