/news/society
Navigation

DPJ: des employés «forcés» à rester, dénonce le syndicat

Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnels, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale-CSN (SPTSSS-CSN), en juin dernier
Photo d'archives Stevens Leblanc Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnels, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale-CSN (SPTSSS-CSN), en juin dernier

Coup d'oeil sur cet article

Le Syndicat des professionnels, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale-CSN soutient que le CIUSSS «force» des employés ayant obtenu des postes ailleurs à rester ou à revenir travailler à la Direction de la protection de la jeunesse.

Les employés touchés sont principalement des travailleurs sociaux et des agents de ressources humaines à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

«Des gens meurtris, qui ont décidé de quitter la DPJ, un travail qu’ils aimaient à l’origine, mais dont la charge de travail et le manque de soutien professionnel ont fait en sorte qu’ils ont décidé de quitter. On les rappelle et on les oblige à retourner», se désole Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnels, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale-CSN (SPTSSS-CSN). 

Selon le syndicat, le retour et la rétention «forcés» des employés à la DPJ vient d’une directive du ministre Lionel Carmant appuyée par l’arrêté ministériel lié à la COVID-19, afin d'éliminer complètement la liste d'attente du Centre jeunesse de Québec. 

Un non-sens, selon le syndicat, qui indique que cette liste d'attente était pourtant passée de 300 cas avant la pandémie à 90 cas en ce moment. L’organisation estime que l’objectif du ministre Carmant n'est pas réaliste pour le territoire desservi, qui s'étend de Portneuf à Charlevoix. 

Parmi les employés touchés, plusieurs avaient obtenu des postes à l’extérieur de la DPJ en octobre dernier. 

«Ils devaient débuter à leur nouveau poste en janvier. Ç’a été repoussé au 14 mars. Et là, récemment, l’employeur leur a dit que c’était repoussé à une date inconnue», poursuit Mme Cliche. 

Un «effet catastrophique»

Elle estime que cette façon de faire a un «effet catastrophique» sur le message envoyé par l’employeur aux personnes qui pourraient travailler au sein de la DPJ. 

«Le message qu’il envoie est: ne venez pas travailler à la DPJ, car une fois que vous y mettrez les pieds, vous ne pourrez pas en ressortir», avance Mme Cliche, ajoutant qu'une centaine d’employés ont quitté le navire dans la dernière année. 

La présidente ajoute aussi que des employés qui sont touchés par la situation et qui ont manifesté de la détresse à leur gestionnaire ont été avisés qu’ils pourraient faire l’objet d’une mesure disciplinaire s’ils déposaient un billet médical. 

Par ailleurs, le syndicat indique qu’il fait actuellement analyser l’aspect légal de l’utilisation de l’arrêté ministériel dans cette situation. 

Pour sa part, le CIUSSS indique qu’il s’agit d’une «décision ultime», pour une «situation exceptionnelle». 

«Il importe de préciser que, comme pour tous les secteurs où nous avons des besoins de main-d’œuvre, nous déployons de nombreux efforts pour le recrutement et la rétention du personnel», fait valoir la porte-parole, Mélanie Otis. 

«Nos actions à ce niveau ont été guidées par le fait que nous ne pouvons tolérer de liste d’attente pour des enfants dont on nous a signalé un risque pour leur sécurité ou leur développement», termine la porte-parole.