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Évelyne Viens se rapproche de son rêve

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AFP

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Après avoir vécu sa première expérience avec l’équipe nationale de soccer à la Coupe SheBelieves en début d’année, Évelyne Viens est déterminée à y revenir et à y faire sa place. Même si elle espère ravoir sa chance plus tôt que tard, la confiance et la patience demeurent ses plus grandes alliées dans cette quête.

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«Quand tu goûtes à l’équipe nationale, tu veux y rester», a lancé la Québécoise de 24 ans qui, malgré ses exploits dans la NCAA, a tardé à attirer l’attention des dirigeants de la formation canadienne.

Meilleure buteuse de l’histoire des Bulls de South Florida et nommée trois fois sur les équipes d’étoiles All American de la NCAA, Viens a rapidement connu le succès par la suite chez les professionnelles. Ces derniers mois dans la première division française, l’attaquante de L’Ancienne-Lorette a inscrit neuf buts en 13 matchs avec le FC Paris, qui l’a obtenue en prêt du Sky Blue FC dans la National Women's Soccer League (NWSL).

Même si elle a longtemps été ignorée par Canada Soccer malgré ses brillantes performances, Viens n’en a jamais été amère.

«Je l’ai pris du bon côté. Pour moi, tout arrive pour une raison dans la vie. Comme j’avais vécu des matchs au niveau professionnel, mentalement et physiquement, j’étais prête. C’était important pour moi de l’être à mon premier camp», a raconté Viens, qui était plus âgée que la majorité des nouvelles venues.

Elle a finalement été l’une des deux Québécoises retenues sur l’équipe, avec Gabrielle Carle, pour participer à la Coupe SheBelieves, en février, à Orlando en Floride. Elle a été utilisée lors des trois matchs de la formation nationale, soit contre le Brésil, les États-Unis et l’Argentine. Le Canada a conclu le tournoi au troisième rang avec une fiche de 1-2.

«Il y a des joueuses qui attendent longtemps, qui sont à leur deuxième ou à leur troisième camp et qui ne sont jamais utilisées. Je n’étais pas surprise, mais plutôt contente d’avoir la chance de jouer, surtout contre la meilleure équipe au monde, les États-Unis. C’est une belle marque de confiance, puisque l’entraîneuse [Bev Priestman] m’a rentrée dans les trois matchs. Je pense que j’ai réussi à apprendre à chacun d’eux.»

Cette première expérience a permis à Viens de se situer par rapport aux autres joueuses de l’équipe et de constater que son rêve de s’y établir est accessible.

«Comme premier camp, j’en tire du positif. Il faut être réaliste aussi quand tu arrives dans une nouvelle équipe et que tu es en adaptation. Mais je pense que j’ai le potentiel de me développer et de faire ma marque avec cette équipe-là. Peut-être pas dans un avenir très rapproché avec les Olympiques qui arrivent rapidement, mais je pense pouvoir faire ma place. Et comme attaquante, la manière dont je peux le faire, c’est en marquant des buts.»

Jusqu’à présent, elle s’est très bien adaptée à chacune de ses transitions.

«J’ai eu une bonne carrière à l’université à USF, j’arrivais à marquer des buts. Quand je suis arrivée pro, j’ai réussi à le faire aussi en France. Pour moi, la prochaine étape, c’est de le faire maintenant au niveau international. Mais j’ai encore beaucoup de soccer devant moi et de temps pour m’améliorer.»

Les Olympiques

L’équipe canadienne féminine participera à un camp en avril en Angleterre en vue des Jeux olympiques de Tokyo.

Les dirigeants de l’équipe canadienne se fieront en partie à ce qu’ils ont vu à la Coupe SheBelieves pour faire leur prochaine sélection. Le retour de joueuses blessées pourrait également changer la constitution de l’équipe. L’absence de la capitaine Christine Sinclair, qui était incommodée par une blessure, n’est d’ailleurs pas étrangère à cette première opportunité obtenue par Viens au sein de l’équipe nationale, puisque les deux joueuses évoluent à la même position.

Quoi qu’il en soit, Canada Soccer devra rapidement former son équipe en vue des Jeux qui s’amorceront en juillet. Seulement 18 joueuses seront retenues pour Tokyo et Viens préfère modérer ses attentes.

«Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre. Il y a beaucoup d’attaquantes talentueuses. C’est sûr que j’aimerais représenter encore le Canada, mais je dois rester réaliste», a dit Viens.

«Tout est une question de mentalité. Si je ne me fais pas sélectionner, je vais continuer de travailler. Je vais retourner dans la NWSL et travailler d’autres trucs que je n’ai pas pu faire en France. Il y aura un autre cycle olympique qui va s’ouvrir après, donc il y aura d’autres opportunités qui vont se présenter.»

En effet, si l’équipe nationale présente un bon équilibre entre les jeunes joueuses et les vétéranes, plusieurs pourraient opter pour la retraite après Tokyo. À commencer par Sinclair qui est âgée de 37 ans, mais aussi Diana Matheson (36 ans), Sophie Schmidt (32 ans) et Desiree Scott (33 ans).

«Je crois que le report des JO a vraiment chamboulé les plans et qu’il y a des joueuses en fin de cycle en ce moment. Il y a des jeunes joueuses comme Kadeisha Buchanan et Ashley Lawrence qui sont là depuis longtemps, mais qui sont dans leur pic. Il y a vraiment un équilibre entre les vétéranes et les jeunes, mais je pense qu’il y a des joueuses qui vont prendre leur retraite et ça va ouvrir des portes à d’autres.»

Retour chez les professionnelles

Viens disputera un dernier match avec le Paris FC vendredi contre Bordeaux avant de retourner aux États-Unis pour participer au camp d’entraînement du Sky Blue FC, au New Jersey, en vue de la Coupe Challenge et du début de la prochaine saison dans la NWSL, le 9 avril. La Québécoise se joindra donc à une troisième équipe depuis le début de l’année 2021. Le fait de ne pas pouvoir conclure la saison avec le Paris FC la déçoit tout de même un peu.

«C’est sûr que c’est bizarre et qu’au niveau humain, ça va être plus difficile. Pour moi, c’était vraiment un tremplin vers le niveau professionnel et ça me donnait la chance de jouer. C’est sûr que c’est plate de ne pas finir ce que j’avais commencé, mais en même temps, je savais en m’engageant dans le prêt que ce serait comme ça», a indiqué Viens, qui ne ferme pas la porte à retour éventuel en Europe. Mais pour l’instant, elle est bien heureuse de revenir en Amérique du Nord.

«Je n’ai pas encore eu la chance de vivre une vraie saison dans la NWSL. Je suis contente de pouvoir le faire, de pouvoir vivre à nouveau aux États-Unis et de me rapprocher de ma famille.»

Ses passages avec le Paris FC et le Sky Blue FC l’aideront certainement à se rapprocher de l’équipe nationale et à faire d’elle une meilleure joueuse.

«Quand tu passes de l’université à professionnel, il y a vraiment une petite seconde de différence. Il faut tout que tu fasses plus rapidement. C’est la même chose avec l’équipe nationale. Plus je joue de matchs pros, plus je m’entraîne professionnellement, plus rapide mes décisions vont être. Je dois arriver avec l’équipe nationale et réussir à faire tout ce que je fais, mais une seconde plus vite.»

«C’est de continuer à travailler, toujours [...] et d’arriver au pic de ma forme à chaque fois avec l’équipe nationale pour me tailler une place.»