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La plus longue année de nos vies

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Voilà un an, déjà, que la pandémie nous a précipités dans un cauchemar éveillé. Pour plusieurs, c’est de loin la plus longue année de nos vies. Loin encore d’être terminée, par ailleurs.

En ce 11 mars, journée de commémoration des victimes de la COVID-19, devant les plus de 10 000 femmes et hommes du Québec happés par le virus dans la solitude et souvent l’indignité, ici comme ailleurs, la colère côtoie nécessairement la peine. Inutile de le nier.

Dans les pays dits avancés, à de très rares exceptions près, l’incapacité des gouvernements et de leur santé publique à faire face à la pandémie, dès ses débuts, marquera longtemps l’Histoire du triple sceau de la nonchalance, de l’inaction et d’une impréparation tout aussi inexplicable qu’impardonnable.

Échec

En janvier 2021, un rapport intérimaire de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en faisait le constat brutal. Des pays riches, aux ressources étendues, incapables néanmoins de se mobiliser rapidement pour mieux combattre la COVID-19. Y compris, doit-on ajouter, l’OMS elle-même.

Et ce, malgré la kyrielle d’avertissements lancés ces dernières années voulant qu’une éventuelle pandémie soit inévitable. Dans son livre Vivre !, le philosophe français Frédéric Lenoir, le résume brillamment. 

En Occident, face à un niveau aussi élevé d’impréparation, le confinement est devenu « la seule mesure possible pour éviter une propagation dramatique du virus ». Pis encore, ce même confinement, observe-t-il avec justesse, « n’a fait que reproduire et amplifier les inégalités de nos sociétés ». 

Inégalités profondes

Des inégalités profondes dont personne ne sait si des gouvernements, une fois la tempête passée, s’y attaqueront vraiment. Ou si, au contraire, ils les oublieront, pressés de relancer la machine économique, les yeux rivés sur leurs prochaines élections respectives. 

Seul le temps le dira. En attendant, rien ne ressuscitera les morts de la pandémie. Rien n’effacera le traumatisme de leurs familles. Rien n’éradiquera des mémoires de ceux et celles qui les vivent les graves privations auxquelles ils sont soumis depuis un an. 

Les États et les sociétés civiles sauront-ils en tirer les bonnes leçons pour l’avenir ?