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Une nouvelle devise pour le Québec

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En cette journée de commémoration nationale, j’ai le goût de proclamer haut et fort aux personnes décédées de la COVID-19 : Je me souviens « Vous ne serez plus jamais seul », un slogan qui resterait dans la mémoire collective. Pourquoi ? Parce que beaucoup de personnes sont mortes seules l’année dernière, sans présence de la famille ou de proches aidants.

Je ne lancerai pas la première pierre à quiconque, la cour est pleine. Plusieurs enquêtes sont en cours qui nous révéleront ce que l’on sait tous déjà, à savoir que nos aînés, fragiles et vulnérables, qui n’ont pu faire entendre leur voix ont été abandonnés dans le chaos de la première vague. Que dire de plus, sinon profitez de cette journée de commémoration nationale pour vous souvenir de leurs sacrifices pour que cette situation ne se reproduise plus jamais. Nous vivons en ce 11 mars un deuil collectif, nous sommes en effet collectivement responsables d’éviter que pareille situation ne se reproduise plus jamais. Comment ?

Une société humaniste

En ne cachant pas la maladie et la vieillesse, surtout si elles ont un coût économique et social important. Pensez-y, avant 1970, il n’existait aucune assurance maladie ou assurance hospitalisation. Mon père s’est endetté toute sa vie parce que ma mère était malade. Il s’est suicidé en 1969, ne voyant aucune issue, juste avant les réformes du système de santé. 

Au Québec, société féministe d’avant-garde en Amérique du Nord, nous avons choisi l’égalité homme-femme, les femmes travaillent à plein temps et elles ont moins de temps pour s’occuper de leurs aînés, comme c’était le cas autrefois lorsqu’elles restaient à la maison. Nous avons donc mis en place des CHSLD et des résidences pour personnes aînées (RPA). Est-ce une honte ? Non ! Peut-on également augmenter les services à domicile pour les aînés ? Oui ! Nous le pouvons ! Soyons un modèle de société humaniste !

Je sais, nous sommes devenus très individualistes, où domine le chacun pour soi ! Nous avons tous peur de la mort et de la maladie, mais doit-on pour autant les vivre seul, isolé et encore pire abandonné ? En terminant, je suis fier que le gouvernement du Québec prenne l’initiative d’une journée de commémoration nationale, dont j’avais déjà suggéré l’idée. J’aurais aimé y contribuer davantage puisque je suis consultant dans le milieu funéraire depuis plus de 15 ans. 

  • Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire sur QUB radio:

Des monuments publics

À titre de suggestions, pour ne pas les oublier, je suggère toujours au gouvernement du Québec et à la Ville de Montréal d’ériger deux monuments, l’un à Québec devant l’Assemblée nationale et l’autre à Montréal, en aménageant une place publique dédiée à cette tragédie. À l’instar des quelque 3000 victimes de l’attentat du World Trade Center à New York, nous pourrions ériger un mur avec le nom de toutes les victimes, y compris les personnes qui ont été contaminées par le virus en travaillant dans les CHSLD auprès des personnes décédées.

La commémoration du deuil collectif représente le début de la guérison, la nation québécoise et la nation canadienne ont souffert de la période de pandémie, qui est loin d’être terminée. Sortons de notre isolement et de notre confinement en rendant hommage à ceux et celles qui ont laissé une partie d’eux-mêmes dans cette tragédie humaine, soit en y laissant une partie de leur santé, soit en sauvant des vies, soit en commémorant la perte d’un proche. Je me souviens « Vous ne serez plus jamais seul », la devise du Québec est devenue incontournable pour la commémoration de cette période qui marquera à jamais l’histoire du Québec et du Canada.

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Jean Baillargeon, expert-conseil en communication stratégique

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