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Pourquoi Énergie Saguenay est un projet dangereux

L’ensemble du projet Énergie Saguenay appartient à une autre époque et représente un danger réel pour le public et pour l’environnement.
Photos d'archives et Wikipedia.org L’ensemble du projet Énergie Saguenay appartient à une autre époque et représente un danger réel pour le public et pour l’environnement.

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Le BAPE vient de transmettre son avis sur le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel Énergie Saguenay de GNL Québec. Le ministre Charette doit le rendre public au cours des prochains jours. 

Le projet en question me rappelle un autre dossier sur lequel j’ai eu l’occasion de travailler lorsque j’étais ministre du Développement durable et de l’Environnement. Le projet Rabaska. 

Ce projet visait la construction d’une usine de méthanisation de GNL à Beauport, en face de Québec. 

En préparation de l’analyse du dossier, je me suis rendu à Boston où j’ai pu rencontrer les hauts gradés de la Garde côtière américaine. 

Ils étaient responsables de la sécurité chaque fois qu’il y avait livraison de GNL pour l’usine de méthanisation d’Everett. 

Leurs avertissements me sonnent encore dans les oreilles : nous ne mettrons jamais, de nos jours, une telle usine proche d’une large population civile. 

La force explosive potentielle d’un méthanier est énorme et un accident pourrait être catastrophique. J’étais ébranlé et résolu à ne jamais approuver le projet. 

Astucieux, mais pas très honnête

Il y a un très bon film sur la bataille de Rabaska réalisé par l’ONF. Le projet aurait été réalisé, n’eût été l’arrivée de quantités importantes de gaz naturel bon marché provenant de la fracturation hydraulique aux États-Unis, ce qui a rendu le projet non viable économiquement.

Le BAPE est une institution qui a fait ses preuves, mais une étude du BAPE n’a que le mandat qu’on lui donne. 

L’analyse du projet GNL Québec a été intentionnellement morcelée. On n’aura pas de vue d’ensemble, car c’est l’usine seulement qui fait l’objet de ce rapport. 

Chaque fois que des intervenants souhaitaient parler des gaz à effet de serre en amont (le gaz provient de la fracturation dans l’Ouest canadien) ou des problèmes en aval (les sérieux risques pour les écosystèmes des bélugas, par exemple), la réponse était : ce n’est pas pertinent, on étudie une usine. Astucieux de la part du gouvernement Legault, mais pas tout à fait honnête. 

Les principaux fonds d’investissement regardent aujourd’hui leur bilan de responsabilité sociale en même temps que leurs résultats financiers, car les deux sont intimement liés. Ils ne veulent plus toucher au projet. 

Un projet d’une autre époque

Le mois prochain marquera le 50e anniversaire de l’annonce du Projet de la baie James par Robert Bourassa. 

Peu se souviennent aujourd’hui qu’à l’époque il y avait une vision concurrente du Parti québécois pour construire plutôt des centrales nucléaires le long du Saint-Laurent. 

La bonne vision et le bon choix, au bon moment, ont fait en sorte que le Québec est aujourd’hui doté d’une énergie verte et renouvelable. 

Les leçons apprises quant au respect des premiers peuples continuent de nous guider.

Le Québec est aussi un chef de file en énergie éolienne et possède tout ce qu’il faut pour être un leader mondial dans la production d’hydrogène propre, la voie de l’avenir.  

L’ensemble du projet Énergie Saguenay appartient à une autre époque et représente un danger réel pour le public et pour l’environnement. 

Il ne devrait jamais voir le jour.