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Lynda Lemay: briser un silence à la fois

Lynda Lemay
Photo courtoisie, Sébastien St-Jean Lynda Lemay

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Lynda Lemay ne le cache pas : elle a longtemps hésité avant d’inclure La peur, une chanson qui traite de la pandémie, sur son album La croisée des humains. Mais après mûre réflexion – et moult tergiversations –, la chanteuse a finalement choisi d’offrir la pièce à ses fans, ne serait-ce que par « besoin d’exorciser » les émotions suscitées par la COVID-19.

« C’est un sujet tellement délicat », amorce Lynda Lemay au bout du fil. 

« Plusieurs gens ont perdu des proches dans cette pandémie, alors oui, il y a peut-être des mots qui vont les toucher différemment ou même les déranger. Mais Dieu sait que ce n’est pas dans ce but-là que j’ai écrit cette chanson », poursuit-elle. 

Les fans peuvent désormais l’entendre et en juger par eux-mêmes. La chanteuse lançait hier La croisée des humains et De la rosée dans les yeux, respectivement troisième et quatrième chapitres du projet le plus ambitieux de sa carrière, celui de lancer 11 albums de 11 chansons chacun en 1111 jours. 

Le pouvoir de la musique

La peur n’est pas la seule pièce qui risque de toucher une corde sensible chez plusieurs de ses fans. C’est le cas, entre autres, de La grande éraflure qui raconte la douleur d’une personne dont la mère a perdu la vie en lui donnant naissance. Quant à La niche, la balançoire et la piscine, ce sont les lendemains de l’attaque d’un enfant par un chien que la chanteuse aborde, avec toute la douceur et la poésie qu’on lui connaît. 

Mais en réalité, c’est en quelque sorte ce à quoi on s’attend de Lynda Lemay, elle qui n’est pas étrangère aux thématiques épineuses ou sujets délicats. Au contraire, même. Un simple coup d’œil à son répertoire permet de dégager des chansons traitant de deuil, de suicide, d’inceste ou encore d’autres formes de violence. 

Mais ça, Lynda Lemay l’assume complètement. Alors elle n’hésite pas à prendre sa plume pour chanter ses observations sur différents sujets et les libérer du lourd silence qui peut les accompagner. 

« Ce ne sont pas des thèmes joyeux. Mais ça fait quand même partie de nos vies. En les abordant, on brise le silence qui les entoure et, dans certains cas, on déclenche même des discussions ou des débats. Quand la musique a ce pouvoir, c’est quelque chose de vraiment merveilleux », assure-t-elle. 

Émotions différentes

Il n’y a toutefois pas que lourdeur et désespoir dans les deux nouveaux opus proposés par Lynda Lemay. Un exemple ? Moi les prénoms, pièce hilarante et pleine d’autodérision où la chanteuse confesse avoir bien de la difficulté à mémoriser les noms de connaissances qui l’entourent. 

« C’est important pour moi d’avoir un équilibre. Au départ, je voulais que chacun soit consacré à un thème ; mais j’ai réalisé qu’un album entier qui traite du deuil ou de la mort, ça peut devenir lourd. Alors je m’assure d’avoir de tout, de couvrir une gamme d’émotions différentes », explique-t-elle.


La croisée des humains et De la rosée dans les yeux sont présentement sur le marché.