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Un an de pandémie: la fatigue des réunions virtuelles

Tired man from work in home office. Fatigue from remote video call conference. Sleep deprivation, also known as insufficient sleep or sleeplessness. Businessman working on laptop during telework
Photo courtoisie

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Il y a un an déjà, le confinement nous faisait découvrir – ou redécouvrir – les vertus des appels vidéo. Que ce soit par Skype, Zoom, Teams ou Meet, ceux-ci nous ont permis de maintenir un lien avec nos proches et de poursuivre notre travail avec nos collègues. Garder le contact dans le confort de notre foyer, un bon café à la portée de la main... qui dit mieux ? L’idée, du moins au départ, était séduisante. Mais nous avions idéalisé ce scénario, et la réalité a fini par nous rattraper. 

Peut-être la sentez-vous s’accumuler de plus en plus autour de vous : la fatigue du Zoom ! En effet, nombreux sont ceux qui ont de moins en moins envie d’organiser des rencontres virtuelles pour le simple plaisir de la chose. Trop souvent, les échanges informels y sont plus difficiles, on se tait en même temps, on parle tous à la fois sans s’écouter, ou bien on oublie d’ouvrir le micro et on ne parle... à personne ! On fait autre chose en même temps, on gère notre environnement, on s’inquiète de ce qui se trame derrière nous. Bref, on commence à en avoir ras le bol... 

Les contacts humains nous manquent, même autour de la fameuse machine à café. Car finalement, un apéro virtuel, une réunion virtuelle, ou un souper virtuel se ressemblent tous énormément. 

Au bout d’une longue semaine de travail à la maison, après avoir passé des heures et des heures devant l’ordinateur, qui a encore envie de passer du temps face à un écran, même avec un verre ? 

Même si notre quotidien se déroulait déjà en bonne partie devant des écrans, la pandémie n’a fait qu’exacerber cette habitude. 

Nous sommes aussi plus seuls qu’avant le début de cette crise, et l’essentiel de nos relations est devenu virtuel. Notre dextérité technologique nous a aussi joué des tours. Cette facilité d’organiser des rencontres virtuelles sans aucun temps de déplacement d’un lieu à un autre s’est faite, et ce, même si nous ne pouvions pas tenir le rythme de tous ces appels vidéo. 

De plus, avant la pandémie, le fait de passer d’une salle de classe à l’autre, d’un local à l’autre, ou d’un édifice à un autre nous permettait au moins de prendre une pause, d’aérer notre esprit, ou simplement de nous dégourdir les jambes. Ces périodes « tampons » sont essentielles au repos du cerveau. 

Exit la vie privée

Une fois la caméra ouverte, nous sommes aussi en représentation, et nos comportements sont scrutés à la loupe. Tout comme nos vêtements, notre coiffure et notre espace de vie ! Du jour au lendemain, et sans trop s’en rendre compte, nous avons dévoilé une part de notre intimité. Un objet de valeur, une bouteille de vin vide, une pièce en désordre : tout pourrait éventuellement devenir prétexte à jugement, et ce sentiment peut devenir taxant au fil du temps. Et que dire du chien qui aboie, ou encore des enfants qui souhaitent exercer leurs cordes vocales avec un peu trop d’enthousiasme lors d’une réunion ? 

Avant de devenir « zoombie », quelques stratégies 

La promesse des beaux jours, et surtout celle associée à la vaccination de masse, nous permet de croire que nous pourrons nous voir « en vrai », et pas seulement de manière virtuelle. Mais d’ici là, il faudra composer avec cette méthode de travail et de socialisation. 

Avant toute chose, il faut garder à l’esprit que rien ne nous oblige à pratiquer la chose de façon compulsive, effrénée, et épuisante. 

Commençons ainsi par déterminer nos limites, et les exprimer à notre entourage. Ce n’est pas parce que l’on peut passer d’une réunion à l’autre par un simple clic qu’il faut s’interdire de prendre des pauses : notre corps en a besoin, et notre cerveau aussi. Aussi, depuis un an, on ne compte plus le nombre de personnes qui se découvrent des muscles insoupçonnés tellement elles souffrent à force d’adopter de mauvaises postures, ou d’être assises sur une chaise de cuisine transformée en siège de bureau de fortune. Bouger et se dégourdir, ne serait-ce que quelques minutes par jour, n’a jamais fait de tort à personne !  

Et comment rendre la vie un peu plus facile à vos collègues ou à vos proches ? Dans une rencontre virtuelle, les autres n’ont pas toujours besoin de contempler vos exploits culinaires, ou encore de découvrir votre décoration intérieure parce que vous traînez votre ordinateur d’une pièce à l’autre. Tâchons ainsi de minimiser les éléments ou les comportements pouvant déconcentrer les autres. Ceux-ci vous en seront reconnaissants, d’autant plus que ces rencontres nécessitent une attention et une concentration accrue. 

Tout comme plusieurs choses qui sont apparues depuis le début de la pandémie, ces rencontres virtuelles ne disparaîtront peut-être pas totalement. À nous, alors, de les rendre plus agréables, constructives, de ne pas les enchaîner à un rythme infernal... et ainsi d’éviter de devenir « zoombie ».