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L’emploi... un an après le début de la pandémie: une travailleuse doublement touchée par la crise sanitaire

Des dizaines de milliers d’autres Québécois sont dans la même situation qu’elle

Guljit Sandhu,
Photo Francis Halin Guljit Sandhu, sans emploi depuis plus d’un an, était directrice de concours de beauté quand la pandémie a frappé le Québec.

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Une travailleuse avec un parcours en génie aérospatial qui s’est reconvertie dans l’événementiel n’arrive toujours pas à trouver un emploi dans ses cordes un an après le début de la pandémie.

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« Je ne peux pas retourner dans l’industrie de l’aviation et les événements de mode, c’est complètement mort. Les deux sont des portes fermées pour moi », confie au Journal Guljit Sandhu, 29 ans, en plein cœur du Quartier DIX30, où elle avait l’habitude d’organiser de gros événements avant la pandémie.

Pour Guljit Sandhu, le centre commercial de Brossard revêt un caractère spécial. C’est ici qu’elle arrivait à préparer des célébrations festives de toutes sortes pour la communauté sud-asiatique québécoise.

« J’adorais ça. Je travaillais jour et nuit avec des clients internationaux. Je faisais affaire avec des juges et des acteurs de l’Inde. J’étais fière de faire ça », lance-t-elle en souriant, puis en reprenant un air grave.

Après des études en génie aérospatial à l’Université Concordia et des années dans l’industrie, Guljit Sandhu a bifurqué vers la mode pour Destination Wedsite, qui organise des galas pour les Québécois originaires de l’Inde et du Sri Lanka.

Source d’anxiété

Après avoir travaillé huit ans dans le monde de l’aviation comme gestionnaire de formation et agente de bord, elle avait enfin trouvé l’emploi, qui la rendait heureuse dans le secteur de l’événementiel.

Mais quand la pandémie a paralysé le Québec, il y a un an, son rêve s’est écroulé comme un château de cartes. Une année plus tard, elle n’a toujours pas réussi à trouver chaussure à son pied.

« Quand le Québec s’est mis sur pause, c’est venu avec beaucoup d’anxiété, surtout pour nous, les femmes de minorités visibles, ce n’est jamais vraiment facile », laisse-t-elle tomber.

Sous le choc, Guljit Sandhu a eu un moment la Prestation canadienne d’urgence (PCU). 

Elle a essayé de dénicher des contrats par ci et par là. 

Elle a passé quelques entrevues pour des postes à l’administration ou à la réception d’entreprise, mais elle n’est pas parvenue à regagner le marché du travail. 

Au fil des jours et des mois, les dettes ont commencé à s’accumuler. Incapable d’obtenir des prêts des banques, elle s’est mise à angoisser en voyant s’allonger à vue d’œil son prêt automobile et son hypothèque.

À bout de souffle, elle s’est tournée vers l’organisme Place à l’emploi, à Longueuil, qui l’a aidée à regagner confiance en elle et qui lui a donné des trucs pour peaufiner son CV bien garni.

Aujourd’hui, à l’aube de ses 30 ans, la jeune femme aspire à un poste de direction. Elle a désormais en main une Attestation d’études collégiales (AEC) en ressources humaines, qu’elle a décrochée pendant la pandémie.

« Ça a été un gros poids sur mon ego. Retomber au bas de l’échelle, ce n’est facile pour personne », conclut-elle. 

– Avec la collaboration de Jean-Michel Genois Gagnon


Le mois dernier, au Québec, le taux de chômage a reculé de 2,4 % pour s’établir à 6,4 %, soit le niveau le plus faible depuis février 2020, juste avant le début de la pandémie de COVID-19.