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Les agents de protection de la faune sont en beau fusil

Chaque année, plus de 7000 infractions de différentes natures sont constatées par les agents de la protection de la faune qui sont nettement en sous-effectifs.
Photo courtoisie Chaque année, plus de 7000 infractions de différentes natures sont constatées par les agents de la protection de la faune qui sont nettement en sous-effectifs.

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Ce corps d’agents de la paix procède souvent à des démantèlements de réseaux de braconniers. Ces derniers ont malheureusement l’impression qu’en ce moment, c’est le gouvernement qui tente de démanteler le réseau de la faune.

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«La protection de la faune du Québec s’en va dans le mur», lance d’entrée de jeu le président provincial du syndicat des agents, Martin Perreault.

Constats

En 2011, on dénombrait 420 agents permanents, à temps partiel régulier et saisonniers. Heureusement, en 2017, les libéraux ont voté des budgets pour avoir 421 agents de protection de la faune à temps complet pour l’année 2021. 

L’ancien gouvernement libéral avait même augmenté considérablement les prix des permis de chasse, de pêche et de piégeage en mentionnant qu’une partie de ces hausses allaient servir pour avoir plus d’effectifs sur le terrain.

«Tristement, cette année, on ne peut compter que sur un effectif de 340 agents soit 275 permanents, 20 à temps partiel régulier et 40 saisonniers. Comment voulez-vous protéger un territoire de 1,668 million km2 comme le nôtre avec si peu de personnel ?», demande M. Perreault. 

«On peut faire dire ce qu’on veut à des papiers et à des statistiques, mais je peux vous certifier que la majorité du temps, on ne retrouve qu’un seul agent sur le terrain dans des régions comme Matane, La Pocatière, Roberval, Port-Meunier, Blanc-Sablon, Îles-de-la-Madeleine, Mistissini, Radisson et Kuujjuaq», poursuit-il. 

Relève

M. Perreault déplore qu’il n’y ait eu que 111 agents de formés depuis 2016, car parallèlement, il y a eu 114 départs volontaires ou à la retraite durant cette période. 

«Pour être efficace opérationnellement et pour être sécuritaire, un bureau de la protection de la faune devrait avoir minimalement 6 à 8 agents», soutient le président du SAPFQ.

Le centre de perfectionnement et de formation de Duchesnay a été inauguré en 2018 au coût de 6,5 millions. «La dernière cohorte d’agents à en être sortie était en juin 2019. Il n’y a donc eu aucun protecteur de la nature de formé depuis près de deux ans», déclare, à regret, M. Perreault.

Des chiffres

Si on compare les saisons 2019-2020 et 2020-2021, on réalise qu’il y a eu des augmentations de près de 50 000 permis de pêche, de 14 407 permis de petits gibiers, de 1860 permis pour l’ours, de 9407 permis de chasse aux cerfs de Virginie et de 21 407 permis supplémentaires puis de 4403 permis de dindons sauvages. 

«Durant cette même période, il y a eu une baisse de 25 agents. Il en résulte une moins bonne couverture territoriale, des plaintes non couvertes, des surcharges de travail, des épuisements professionnels et un découragement des troupes», rage Martin Perreault.

«L’arrivée de la pandémie n’aide en rien également, car il y a plus de gens qui ont encore plus de temps libre pour aller dans l’arrière-pays», croit-il.

Une autre bataille

«Depuis la fin des années 70, les agents de protection de la faune ont été transférés de ministères à sept reprises. À chaque épisode, il a fallu passer par de longues et laborieuses séances de négociation entre les ministères fusionnés qui se sont tristement succédé. Une des conséquences marquantes de ces nombreux changements est qu’en 2020, on dénombrait un peu moins de 365 agents alors qu’au début des années 80, il y en avait presque le double, soit 610», pouvons-nous lire dans un document remis aux instances gouvernementales. 

«À titre d’agents de la paix, nous avons le mandat d’appliquer plus d’une douzaine de lois et plus de 170 règlements, dont certaines dispositions du Code criminel et du Code de procédure pénale. Il est grandement temps qu’il y ait une réforme majeure et que nous rejoignions l’ensemble des agents de la paix du Québec sous la gouverne du ministère de la Sécurité publique et non plus celle du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs», demande clairement le président du SAPFQ, Martin Perreault.