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Privés de piscine couverte, des citoyens de Trois-Rivières font pression sur la Ville

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, ouvre une porte aux citoyens qui réclament une piscine municipale, mais prévient que c'est un investissement majeur, de l'ordre de 20 à 30 millions $.
Photo Agence QMI, Eddy Verbeeck Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, ouvre une porte aux citoyens qui réclament une piscine municipale, mais prévient que c'est un investissement majeur, de l'ordre de 20 à 30 millions $.

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Des citoyens de Trois-Rivières ont parti un mouvement populaire pour la construction d’une piscine publique intérieure déplorant le manque de telles infrastructures dans leur ville.

Créé en décembre dernier sur Facebook, le « Groupe de baigneurs et nageurs Trois-Rivières » compte maintenant plus de 1500 membres. Il revendique une piscine couverte à coût abordable.

Le groupe Facebook est une initiative de Daliane Guimond, une nageuse assidue depuis des années. Elle pratiquait son sport au Centre d'activité physique et des sports (CAPS) de l'Université du Québec à Trois-Rivières, mais la piscine a fermé en août 2018 pour des rénovations.

«Au début, j'allais à Montréal et à Québec pour pratiquer mon sport qui est mon équilibre de vie, mais suite aux restrictions de déplacements, en lien avec la COVID, j'allais à la piscine de l'École de police de Nicolet de l'autre côté du fleuve», soutient-elle.

Mais, comme les frais d’admission y sont plus élevés qu’à l'UQTR – où ils sont déjà non négligeables, selon elle - et que les plages horaires pour le public y sont limitées, elle a décidé d’agir.

«Je me suis réveillée un matin en me disant que je ne devais pas être la seule à vivre cette situation», a dit Mme Guimond en entrevue.

La mobilisation n’a pas été vaine, alors que le maire de la ville, Jean Lamarche, a ouvert une porte en demandant au Service des loisirs de la ville de contacter le regroupement.

«On veut vraiment avoir leur point de vue et les informer, aussi, qu'on va procéder à un sondage téléphonique auprès de la population de la ville afin de mesurer la perception des gens sur l'offre de piscines intérieures», a indiqué le maire.

Évalué entre 20 et 30 millions $, un tel projet se doit de reposer sur un besoin réel, estime-t-il.

Il a toutefois souligné que le bassin de natation du CAPS rouvrira bientôt et qu'une nouvelle piscine sera construite dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

Rien pour convaincre Daliane Guimond.

«L’accessibilité au CAPS est restreinte par des tarifs à 8 $. Imaginez une famille monoparentale qui gagne le salaire minimum qui souhaite amener les enfants pour s’amuser! Ça coûte 32 $, plus le stationnement. Ce n’est pas socialement acceptable. C’est une piscine universitaire, pas municipale, comme dans plusieurs villes du Québec.»

Quant au bassin du Cap-de-la-Madeleine qui verra le jour en 2022, elle estime qu'il est là pour combler un manque déjà existant au niveau de l’aquagym et des cours pour les petits.

Mais tout n’est pas perdu. Le dialogue se forme graduellement entre le groupe de pression de Mme Guimond et la Ville. Puis, le maire laisse la porte grande ouverte : «Si on obtient les Jeux du Québec en 2024, on pourrait avoir les subventions nécessaires à des infrastructures sportives», a-t-il glissé en entrevue.