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L’emploi... un an après le début de la pandémie: recommencer à zéro 23 ans plus tard

Groupe Atis
Photo courtoisie Julie Barrette et Manuel Daunais commenceront bientôt un nouvel emploi après 23 ans chez Groupe ATIS, à Terrebonne.

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Quand Manuel Daunais et sa conjointe Julie Barrette ont perdu leur emploi chez le Groupe ATIS le mois dernier, ils n’ont eu besoin que de quelques jours pour se trouver autre chose.

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L’électromécanicien et la manœuvre d’expérience étaient tous deux chez le fabricant de portes et fenêtres de Terrebonne depuis 23 ans quand ils ont appris que leur usine ne faisait pas partie du plan de restructuration de l’entreprise. Le Groupe ATIS venait alors de se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

« On a été chanceux, on a pas mal tous pu se replacer, il y a un manque de main-d’œuvre partout, ça aide », dit-il à propos des 121 syndiqués de l’usine qui ont perdu leur emploi

Selon leur syndicat, la moitié d’entre eux ont déjà retrouvé du boulot. « Ça s’est fait dans un temps record, c’est vraiment exceptionnel », avance Stéphane Lacroix, de Teamsters Canada.

En moins d’une semaine, Manuel et Julie avaient déjà retrouvé du travail... à la même place encore ! 

Inséparables

Julie s’était d’abord trouvé un poste chez Portes Decko, dont l’usine est située à une centaine de mètres de celle d’ATIS, dans le parc industriel de Terrebonne. 

Mais quand Manuel lui a dit que Fenêtres Concept, son nouvel employeur, cherchait d’autres personnes, elle a préféré le rejoindre là-bas. 

« Beaucoup de monde a été engagé chez Portes Decko », rapporte Manuel. Le directeur de l’usine le confirme. « On en a embauché à peu près 36. C’est Noël pour nous ! » lance Michel Bélanger, qui travaille chez Decko depuis 2007. 

Le fabricant de portes-fenêtres était à la recherche de nouveaux employés depuis au moins deux ans, relate M. Bélanger, et peinait à en trouver. 

D’ailleurs, les pancartes « Nous embauchons » sont légion dans le parc industriel de Terrebonne. 

Chez Roulottes Ste-Anne, à quelques rues de là, on a même dû augmenter les salaires de tout le monde afin de trouver de nouveaux employés. « Si on veut embaucher des nouveaux, il ne faut pas qu’il y ait d’injustice pour ceux qui sont là depuis longtemps », explique l’un des propriétaires, Alain Lapierre.

Petite pause

Pour l’instant, Manuel s’accorde une petite pause bien méritée. L’électromécanicien va commencer son nouveau boulot le 22 mars. 

« J’ai pris deux semaines pour me remettre de tout ça. C’est une grande famille. On a tissé des liens avec tout ce monde-là au fil des ans. C’est pour ça que j’ai pris un petit temps de recul », dit-il au sujet de son changement d’emploi. 

Il avait commencé sa carrière dans l’usine d’ATIS à 14 ans, en 1998, sur la chaîne de production. Peu à peu, il a monté les échelons jusqu’à devenir chef mécanicien et responsable de l’entretien des véhicules. 

Et le 22 mars, il recommencera tout à zéro.