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Restauration: l’accès aux travailleurs étrangers se complique

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Pierre Moreau, président-directeur général du Groupe Restos Plaisirs.

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Une nouvelle tuile vient de s’abattre sur le milieu de la restauration. Alors que le manque de main-d’œuvre empêche une majorité de restaurateurs de rouvrir leurs portes normalement, ils apprenaient en plus que le recours aux travailleurs étrangers deviendrait passablement plus compliqué dorénavant.

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« On a été fermé sept mois sur douze au cours de la dernière année. Et juste au moment où l’on tente de rouvrir, où l’on pourrait profiter de la venue de travailleurs étrangers pour nous aider à faire face à la situation, on nous fait ce coup-là », raconte Pierre Moreau, président-directeur général du Groupe Restos Plaisirs.

Ce dernier regroupe dans la région de Québec une douzaine de restaurants de diverses enseignes, dont les bien connus Cochon Dingue et Café du Monde. « Depuis le début de la pandémie, je me suis toujours gardé de critiquer les décisions du gouvernement, poursuit l’homme d’affaires, indigné. Mais celle-là, je vous avoue que j’ai de la misère à la comprendre. »

Professions exclues

C’est que, contrairement aux années passées, les métiers de la restauration, comme cuisiniers, chefs, boulangers et pâtissiers, ont été retirés de la liste des professions admissibles au traitement simplifié pour le programme de travailleurs étrangers temporaires. Une décision qui aura pour effet de compliquer considérablement le recrutement de ces travailleurs dans l’avenir.

« Nous sommes totalement irrités par cette situation, affirme François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec (ARQ). On a besoin de main-d’œuvre comme jamais auparavant, et au moment où on aurait le plus besoin de l’aide de l’État, on nous raye de cette liste. C’est à ne rien comprendre. »

5000 $ de plus par employé

Cette décision force les restaurateurs à tout un processus d’affichage, susceptible notamment de prolonger les démarches de recrutement sur une année complète. L’employeur qui réussit à démontrer n’avoir pu dénicher la main-d’œuvre requise au pays se voit aussi tenu de payer les frais de voyage et de séjour du candidat. 

« Pour un restaurateur, tout cela représente une facture supplémentaire de 5000 $ par candidat », déplore M. Meunier, insistant pour ajouter que tous seraient bien heureux de pouvoir embaucher des travailleurs d’ici, si seulement les Québécois se portaient candidats.

Dans une lettre de trois pages adressée aux ministres Nadine Girault (Immigration) et Jean Boulet (Travail et Emploi), et dont Le Journal a obtenu copie, les restaurateurs demandent à ce que la liste de professions soit revue et corrigée d’urgence. 

« À l’heure où une majorité des restaurateurs connaissent des problèmes importants de main-d’œuvre, ce serait la moindre des choses », estime M. Moreau.