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Universités: chante en chœur ou tais-toi, sinon...

Universite Laval consignes sanitaires
Photo Simon Clark Sophie D’Amours

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Les gens extérieurs au milieu universitaire comprennent mal ce qui s’y passe.

D’abord, parce que c’est dur à croire.

Ensuite, parce que le réflexe premier des dirigeants universitaires est de mettre le couvercle sur la marmite.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Alliance

L’évangile du wokisme qui balaie nos campus tient en trois points :

« Je souffre, donc j’existe ».

« J’ai forcément raison puisque moi seul peux comprendre ce que je ressens ».

« La liberté d’expression pour exprimer son désaccord est une arme du dominant pour perpétuer sa domination ».  

L’erreur des observateurs externes est de croire que cela se limite à une poignée d’étudiants exaltés et de profs devenus gourous. 

Ils ne voient pas la mise en place d’une bureaucratie chargée de traquer les péchés supposés contre cette religion et de rééduquer le personnel à coups de séances obligatoires.

Concrètement, cela prend la forme de politiques dites « EDI », visant l’équité, la diversité et l’inclusion.

Présentées ainsi, dur d’être contre. Mais on sait où loge le diable.

Ces bureaucrates ont souvent pour alliées des associations étudiantes.

Cette alliance profite de la peur des profs et des étudiants de finir sur une liste noire.

À l’Université Laval, sous l’impulsion de la rectrice Sophie d’Amours, la direction a adopté une position courageuse contre la censure.

On l’accompagnera d’une politique EDI.

Le mois dernier, l’association étudiante des cycles supérieurs organise une discussion sur Zoom. 

Un étudiant dit que les femmes trans ne devraient pas être opposées aux femmes non trans dans les sports, qu’on doit pouvoir se moquer de toutes les religions, qu’on peut utiliser le mot « nègre » dans certaines circonstances, et qu’on ne doit pas bannir les mots « homme » et « femme » simplement pour ne pas heurter un non-binaire.

Voici des extraits du courriel qui lui fut envoyé par l’association étudiante :

« [...] vous avez tenu des propos jugés inacceptables à l’égard des participants.es et de notre modératrice. Ces propos [...] revêtaient tantôt un caractère raciste, tantôt sexiste, ou même transphobe. Plusieurs membres présents se sont sentis blessé.es par vos propos [...], nous tenons à vous avertir par la présente que nous ne tolérerons plus des interventions de cette teneur à l’avenir. »

L’étudiant a voulu connaître exactement les propos incriminants. Impossible, lui a-t-on répondu, puisque la séance n’avait pas été enregistrée.

Senti

Toujours à Laval, l’association étudiante en études internationales et langues modernes élit, lors de l’Assemblée générale, une personne nommée « la garde du senti ».

Les statuts précisent que cette personne « possède le droit de prendre un tour de parole prioritaire afin d’aborder les rapports de domination ou les malaises [...] pendant la réunion ». 

On peut « à tout moment aller voir la personne [...] pour lui faire part d’un malaise en lien avec des attitudes déplaisantes de la part d’un membre ou des termes utilisés ».

« Ce poste est issu des demandes féministes qui visent à déconstruire les rapports de domination issus du sexisme, du racisme et de l’homophobie. »

En ce moment, croyez-moi, les gens qui pensent autrement rasent les murs et chuchotent entre eux.