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Conserver son poids malgré la pandémie

JM 0315 Nutrition
Photo courtoisie

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Patrick Quintal a connu une perte de poids considérable, d’abord à l’émission Maigrir pour gagner, puis avec une chirurgie bariatrique à l’été 2019. Quelques mois plus tard, l’arrivée de la pandémie aurait pu bousculer les habitudes de Patrick. La fermeture des gyms et les nombreuses tentations auraient pu venir à bout de sa bonne volonté... et pourtant, il est passé de 380 livres à 220 livres. Entrevue avec un gars plus motivé que jamais ! 

JM 0315 Nutrition
Photo courtoisie

Patrick, raconte-nous ton histoire de poids.

J’ai été élevé par mes grands-parents et nos repas étaient copieux, nous avions de grosses portions et aussi des repas essentiellement composés de viande et de pommes de terre et beaucoup de pâtes alimentaires aussi. Il y avait très peu de légumes dans nos menus, sauf du blé d’Inde en conserve. J’étais aussi peu actif et toutes mes photos d’enfance témoignent que j’étais plus grand et plus rond que la moyenne. 

Le décès de ma grand-mère à l’adolescence a été très difficile pour moi. Avec mon grand-père, nous sommes alors allés vivre au chalet, loin de mes amis. C’est à cette période que mon trouble alimentaire a débuté, même si je ne le réalisais pas encore. J’étais aussi fan de fast-food ! Quand je suis entré dans l’armée, mes habitudes ont changé significativement. La cafétéria offrait beaucoup de choix santé et j’étais vraiment sur une belle lancée. 

En quittant l’armée pour revenir à Montréal, mon moral était à plat et je me suis de nouveau lancé dans la bouffe. C’est en recevant ma nouvelle carte d’assurance-maladie et en voyant ma photo, ne me reconnaissant même pas, que j’ai réalisé le poids que j’avais gagné au cours des derniers mois. Je me suis mis à m’entraîner énormément et j’ai perdu beaucoup de poids, mais cela n’a pas duré. Mon poids jouait constamment au yo-yo. 

Mon excès de poids important n’a pourtant jamais limité ma vie sociale, je suis extraverti, je travaille dans le domaine événementiel et jamais mon poids n’était une barrière sauf pour m’habiller. Avec la naissance de mon fils, j’ai réalisé que mon surplus de poids m’empêchait de faire certaines activités avec lui. Je ne pouvais suivre Thomas dans ses activités et ça m’affectait beaucoup. J’ai de nouveau entrepris une panoplie de régimes (soupe au chou, jeûne, minçavi, etc.) ; aucun ne fonctionnait à long terme. 

C’est en rencontrant une psychologue lors de l’émission Maigrir pour gagner que j’ai réalisé que j’avais un trouble alimentaire (hyperphagie boulimique) qui m’empêchait de stabiliser mon poids. Lorsque je vivais un échec dans ma vie, qu’il soit personnel ou professionnel, je trouvais refuge dans les aliments. J’avais de véritables orgies alimentaires. Je me souviens d’avoir perdu un emploi que j’adorais et d’avoir alors enfilé 6 bières, une pizza extra large, un gros format de frites et des pogos en moins de 25 minutes. 

J’ai aussi rencontré une nutritionniste qui m’a fait prendre conscience des quantités de calories liquides que je prenais au quotidien (boissons énergisantes, cafés sucrés, Gatorade, etc.). Elle m’a aussi éduqué sur l’équilibre alimentaire ainsi que les choix de bonnes collations. J’étais en attente d’une chirurgie bariatrique depuis 4 ans et la date est finalement arrivée. La chirurgie s’est bien déroulée et j’ai perdu 100 livres en quatre mois. Quel bonheur de prendre l’avion sans demander d’extension de ceinture, d’abaisser l’accoudoir et de pouvoir courir sur la plage ! J’entrevoyais l’année 2020 avec beaucoup d’enthousiasme. 

Patrick, comment as-tu fait pour conserver ta motivation malgré la pandémie ?

La pandémie a été très difficile, d’abord en perdant 100 % de mes revenus puisque j’ai une entreprise d’événementiel, mais aussi avec la fermeture des gyms. Même si j’ai un gym complet à la maison, l’entraînement en salle est super motivant pour moi. 

J’aime être entouré de gens, ça me fait du bien. J’ai eu peur de rechuter, surtout que mon trouble alimentaire est encore présent. J’étais conscient du risque de reprise et je voulais garder le cap sur mes bonnes habitudes de vie. J’ai créé avec un ami le site internet bariatriquequebec.com ainsi que la page Facebook du même nom. Aider les autres en les soutenant dans leurs démarches allait devenir mon leitmotiv pour conserver mes bonnes habitudes. J’ai décidé de mettre l’accent sur des projets positifs (rénover mon sous-sol, gérer la page Facebook). 

J’ai aussi conservé ma saine alimentation et même eu mon premier potager l’été dernier. J’ai profité d’activités avec mon fils que je n’aurais jamais faites avant. Je tente maintenant de ne plus mettre l’accent sur mon poids ou les événements négatifs. 

À quoi ressemblent tes journées côté alimentation ?

J’ai coupé 95 % du fast-food et des calories liquides, j’ai pris un grand virage. Je suis à l’aise dans une routine alimentaire. Le matin, je fais un smoothie très protéiné et j’y intègre notamment de la poudre de lait, de la protéine de chanvre, de la graine de chia et aussi de la poudre de grillon, une source de protéines intéressante. Quand je prends des collations, je combine toujours une source de glucides (une pomme, par exemple) avec une source de protéines (comme du fromage). J’adore le yogourt. 

Aux repas, j’ai intégré les protéines végétales comme les lentilles, les edamames et le tofu. Je mange aussi beaucoup de légumes verts comme du brocoli et des choux de Bruxelles (j’en fais même de délicieuses chips). Le week-end, des œufs absolument pour déjeuner. J’aime aussi déguster un popcorn avec de la levure alimentaire pour lui donner du goût. 

J’ai appris à lire les étiquettes nutritionnelles et je prends le temps de le faire. J’ai aussi compris que tout aliment a sa place dans mon menu, les aliments d’occasion, je prends vraiment plaisir à les savourer. 

Qu’est-ce qui est le plus difficile encore aujourd’hui pour toi ?

De savoir que mon trouble alimentaire est toujours présent, je ne suis pas à l’abri d’une rechute. Je trouve aussi difficile de trouver la motivation pour m’entraîner. J’ai parfois encore des rages pour certains aliments. Je vis au jour le jour et je sais que je resterai toujours fragile, mais je reste très fier de maintenir mon poids depuis plus d’un an.  

  • Dans les prochaines semaines, j’aborderai le trouble alimentaire qu’est l’hyperphagie boulimique. À ne pas manquer !