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La maladie du cerf fou sème l’inquiétude chez les éleveurs

Ils craignent que les cervidés sauvages infectés migrent au Québec

Gaetan Lehoux
Photo d'archives Gaétan Lehoux, éleveur de cerfs rouges, craint que des cervidés sauvages venus des États-Unis ou de l’ouest rapportent la maladie du cerf fou au Québec.

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La maladie du cerf fou donne des sueurs froides aux éleveurs d’ici qui craignent que des animaux sauvages contaminés venant d’autres régions infectent la faune québécoise, tandis que le mal se répand partout en Amérique du Nord.

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« Ce qui m’inquiète le plus, c’est le déplacement d’animaux sauvages. Même si on élimine les élevages, ça n’éliminera pas ce risque-là », dit Gaétan Lehoux, président de l’Association Cerfs Rouges du Québec.

En effet, « le risque de contracter la MDC [maladie débilitante chronique] dans un élevage de cervidés est très élevé lorsque la maladie circule dans la faune environnante », indique l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Dans l’ouest et au sud

Or, « la MDC est maintenant établie dans les populations de cervidés sauvages (cerfs, wapitis et orignaux) » en Saskatchewan et dans certaines parties de l’Alberta, souligne l’agence fédérale.

Aux États-Unis, le 3 mars, le National Wildlife Health Center rapportait que 25 États dénombraient des cas dans la faune sauvage.

Pour la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, les élevages sont responsables de l’épidémie et doivent donc être fermés « le plus vite possible ».

Mais M. Lehoux souligne que les premiers cas de MDC sont apparus sur une station de recherche au Colorado et non pas dans un élevage. Pour lui, les éleveurs sont des victimes de l’épidémie plutôt que son moteur.

Ce passionné élève des cerfs depuis 19 ans. L’arrivée de la MDC dans les Laurentides en 2018 l’a plongé dans un véritable cauchemar.

« Ça a fait mal, vraiment mal », souffle-t-il.

Les principaux acheteurs de cerf rouge, les restaurateurs, ont tourné le dos à cette viande fine et ne l’ont toujours pas remise au menu.

Cerfs sauvages peu testés

Pourtant, M. Lehoux assure que le gibier provenant des élevages ne présente aucun risque, car les bêtes envoyées à l’abattoir sont systématiquement testées, ce qui n’est pas le cas de celles abattues par les chasseurs.

En effet, depuis 2018, tous les animaux chassés dans un rayon de 45 km de Harpur Farm sont testés. Mais, ailleurs dans la province, les analyses sont optionnelles.