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La semaine de tous les dangers pour le Parti conservateur

Erin O'Toole
Photo d'archives Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, à son bureau sur la colline du Parlement, à Ottawa, en septembre dernier.

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Le chef du Parti conservateur pourrait bien jouer son avenir politique cette semaine.

Erin O’Toole ne fera pas face à un vote de confiance de ses membres. Il n’est pas menacé par un putsch à l’interne. Mais la menace est réelle. 

Sa crédibilité comme leader politique national et la capacité de son parti d’offrir une option cohérente face aux libéraux de Justin Trudeau vont se jouer lors du congrès du PCC qui débute jeudi.

Croisée des chemins.

Le portrait est peu encourageant pour les conservateurs.

Au terme d’un an de pandémie, malgré les erreurs répétées du gouvernement libéral, non seulement le PCC n’a pas réussi à marquer des points, il a aussi perdu des plumes !

Le parti est au plus bas dans les intentions de vote.

Place des conservateurs sociaux

Pire, celui qui devait régler l’enjeu de l’avortement une fois pour toutes aura relancé le bras de fer de plus belle. 

Car après avoir ouvertement courtisé les conservateurs sociaux pour gagner la direction du parti, Erin O’Toole leur a tourné le dos dès son couronnement.

Eux qui croyaient avoir leur place au sein du PCC se sont vus soudainement traités comme des brebis galeuses. C’était sous-estimer leur pouvoir de mobilisation.

Réussiront-ils à modifier la constitution du parti pour affirmer « la croyance dans la valeur de la dignité de la vie humaine de la conception à la mort naturelle » ? Peu importe, le mal sera fait. 

Ces affrontements publics sur l’avortement auront fragilisé la coalition conservatrice et ébranlé davantage le leadership de leur chef.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Quel message ?

En six mois, Erin O’Toole n’a toujours pas réussi à redéfinir son parti dans l’esprit de l’électorat. 

Si la pandémie s’est révélée cruelle pour les chefs de l’opposition en manque de visibilité, les impératifs de la reconstruction économique offrent une opportunité en or pour se libérer des vieilles orthodoxies.

Pendant que le gouvernement Trudeau dépense sans compter, endette les générations à venir sans gêne et s’apprête à se lancer dans un vaste effort de réingénierie sociale pour « reconstruire en mieux », les solutions de rechange ne manquent pas pour articuler une perspective conservatrice crédible et modérée.

Jusqu’ici, on n’a rien entendu de tel de la part d’Erin O’Toole.

Saura-t-il profiter du congrès de son parti pour tracer les grandes lignes d’un conservatisme moderne, prêt à créer emplois et richesse au pays ?

La réponse à cette question déterminera si les libéraux de Justin Trudeau s’alignent pour une réélection par défaut d’ici la fin de l’année.